L'Iran a récemment déclaré que de nombreuses zones du détroit d'Ormuz seraient minées, avertissant ainsi que des navires qui s'aventureraient dans ces eaux pourraient faire face à des explosions. Le déminage maritime reste un défi, avec peu d'entreprises pouvant effectuer cette tâche complexe. Une société française a cependant élaboré un navire de nouvelle génération, capable de détecter et neutraliser les mines grâce à des drones ultra-performants. France Télévisions a eu l'opportunité de filmer ce navire, fraîchement livré en Belgique.
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Ce navire, fleuron de la marine belge, est un produit de la France. "Voici le navire anti-mines du futur, un concept avant-gardiste, beaucoup de pays nous regardent", déclare l'amiral Tanguy Botman, commandant de la Marine belge. En effet, ce navire est équipé d'une technologie de pointe permettant de déminer les océans efficacement. L'un des aspects révolutionnaires de ce bateau est qu'il est entièrement automatisé et construit par une entreprise française. Pour l'amiral, cet équipement est prometteur : "L'ancien type de navire traitait une mine à la fois, tandis que celui-ci, grâce à plusieurs drones opérant simultanément, peut gérer plusieurs missions en un temps record".
En mission, le navire sans pilote se dirige vers la zone à déminer. À son bord, deux drones, qui ressemblent à des torpilles jaunes, sont en preparation pour détecter et identifier les mines sous-marines. Un troisième drone, équipé d'explosifs, neutralisera ensuite les menaces identifiées. Cette méthode innovante permet de garder le grand navire à distance, loin des dangers, tout en réduisant à zéro le risque pour l'équipage, explique l'amiral.
Des drones silencieux et réutilisables
Le fabricant français de ce système a installé un site de production en Belgique. Les drones sont munis de sonars avancés pour cartographier le fond marin et transmettent des informations en temps réel. "Ils sont conçus pour détecter sans être détectés", souligne Ward De Grieve, formateur chez Exail. Chaque année, des centaines de ces drones sont produits pour répondre à une demande croissante, renforcée par les tensions géopolitiques.
L'OTAN a récemment conclu un contrat pour l'acquisition de plusieurs centaines de ces drones, utilisables par les différentes marines alliées. Ward De Grieve précise que la production a doublé chaque année, même avant l'intensification des conflits au Moyen-Orient.
Un coût réduit
Le coût d'un drone naval oscille entre 100 000 et plusieurs millions d'euros, alors qu'un navire chasseur de mines peut coûter dix fois plus cher. "Cela représente une économie significative pour les contribuables. Avec ces drones, nous réalisons des missions qui nécessitaient auparavant des frégates ou des navires de guerre, ce qui constitue un véritable bouleversement dans la gestion des ressources maritimes", affirme Thomas Buret, directeur général d'Exail.
Alors que l'authenticité des déclarations iraniennes reste à confirmer, l'industriel français prévoit que l'opération de déminage dans le détroit d'Ormuz pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.







