Jeudi dernier, trois des principaux candidats à la présidentielle péruvienne ont clôturé leur campagne, chacun adoptant un discours radical axé sur la promesse de maîtriser la criminalité, souvent associée à l'immigration irrégulière. Le pays, qui vit une crise politique persistante avec huit présidents en une décennie, se prépare pour un scrutin comptant 35 candidats et un électorat fatigué.
Les candidats, accompagnés de musique entraînante et de slogans accrocheurs, s'efforcent de séduire des électeurs désireux de trouver sécurité et stabilité. Les dernières enquêtes indiquent que Keiko Fujimori, fille de l'ancien président controversé Alberto Fujimori, occupe la première place, suivie de près par des figures telles que le satiriste Carlos Alvarez et l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga.
"Chaque jour, nous subissons des pertes... Offrons une chance à une femme pour rétablir l'ordre dans ce chaos", clame Silvia Arenas, artisane etélue de Keiko Fujimori, dans un meeting populaire à Lima. Cette dernière n'hésite pas à évoquer le souvenir de son père, un homme dont le passé est entaché de corruption.
Sous des slogans enthousiastes, « Chino, Chino », les partisans de Fujimori s'excitent en saluant une promesse de renforcer les frontières et de faire travailler les détenus en échange de leur nourriture.
Non loin, Rafael Lopez Aliaga, connu sous le nom de "Porky", attire également l'attention. Cet homme politique de droite chrétienne envisage d'expulser tous les immigrants illégaux et de placer les criminels dans des prisons isolées. "Tous les Vénézuéliens qui ne respectent pas les lois péruviennes doivent rentrer chez eux", déclare-t-il avec fermeté.
Carlos Alvarez, quant à lui, fait une entrée remarquée dans la campagne en prônant une réaction forte face à l'insécurité, y compris le rétablissement de la peine de mort. Sous le regard bienveillant de ses supporters, il vise une meilleure éducation et des mesures pour éradiquer la criminalité.
Ricardo Belmont, un autre candidat, a pris part aux rassemblements à Lima, appelant à bannir "les politiciens indignes" lors des élections. Pendant ce temps, le candidat de gauche Roberto Sanchez promet d'accorder sa grâce à l'ancien président Pedro Castillo, incarcéré.
Nicolas Saldias, de l'Economist Intelligence Unit, souligne que l'électorat demeure indécis : "Le champ électoral de cette année est disperse: aucun candidat ne bénéficie d'une avance claire et une fraction significative des électeurs ne s'est pas encore déterminée." Cet état de fait laisse encore planer le doute à l'approche du scrutin, alors que les Péruviens attendent des réponses claires à leurs préoccupations croissantes en matière de sécurité et de gouvernance.







