Près de 200 marins évoluant sur des navires immobilisés dans le détroit d'Ormuz cherchent à obtenir des informations auprès de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) afin de rentrer chez eux. Malgré un cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l'Iran, qui pourrait permettre une réouverture temporaire du détroit, environ 20,000 marins restent bloqués dans le Golfe Persique depuis près de six semaines. Une situation angoissante qui pèse lourd sur le moral des équipages.
Pourtant, malgré le passage occasionnel de certains navires, la situation demeure trop précaire pour une navigation libre. Dernièrement, des missiles ont été aperçus et des mines sous-marines subsistent dans la zone. De nombreux pétroliers se trouvent ainsi immobilisés au large des Émirats arabes unis. Un marin a confié au Guardian : « Nous restons à l'ancre, comme une dizaine d'autres pétroliers. Personne ne bouge. »
Des dépressions nerveuses à bord des pétroliers
« J’ai démissionné il y a un mois », témoigne un marin. Il a notifié son capitaine de son refus de naviguer dans ce détroit, évoquant des préoccupations de sécurité. Selon lui, 90 % de son équipage partage sa position en raison des mêmes préoccupations.
Cette pression psychologique s'accompagne de conséquences graves. Un marin rapporte qu'un de ses collègues a souffert d'une « dépression nerveuse ». Malgré la disponibilité de lignes d'assistance, cette tension affecte de nombreux marins, qui peinent à faire face à la situation. Selon un rapport de l'ITF, environ 1,000 marins ont sollicité de l'aide, certain plaidant pour un rapatriement ou alertant sur des pénuries d'alimentation et de carburant.
Une cible facile
David Appleton, du syndicat Nautilus, souligne la lourdeur du fardeau mental sur les marins, vivant dans l'incertitude constante, craignant d'être « une cible facile » face à la violence potentielle. Il fait remarquer : « Chacun essaie de soutenir les autres, mais la priorité reste de protéger nos marins. »
Les propriétaires des navires envisagent de remplacer les équipages, offrant parfois des salaires doublés pour travailler dans ces zones à risque. « La plupart de nos remplaçants seraient des marins ukrainiens, des gens loin de chez eux », note un homme qui souhaite quitter la mer.
« Travailler sur des pétroliers a été ma vie. Partir serait comme renoncer à tout ce que j’ai construit. Mais rester, c'est accepter le risque de devoir revenir dans ce détroit. Je ne pourrai trancher cette décision qu’après plusieurs mois passés chez moi », conclut-il, évoquant ainsi la « situation la plus difficile » de sa carrière.







