"Assez de l'ancien système" contre "Ne pas mettre en péril ce qui a été accompli" : les derniers meetings de campagne du Premier ministre nationaliste Viktor Orban et de son rival Peter Magyar ont captivé l'attention du public à l'approche des élections législatives de dimanche.
Lors d'un rassemblement à Györ, Attila Jozsa, fervent supporter de Magyar, a partagé son sentiment avec l'AFP : "Nous croyons en Peter Magyar et nous en avons assez de l'ancien système". Ce changement d'air semble séduire de plus en plus d'électeurs, y compris d'anciens votants du Fidesz.
Près de 20.000 personnes ont assisté à cet événement, dont de nombreux jeunes, témoignant d'un désir de renouveau au sein de la société hongroise. Les partisans de Magyar ont scandé "Où est l'argent?", en réponse aux accusations de corruption jetées sur des élus locaux du Fidesz, comme rapporté par plusieurs médias.[source]
Avec des promesses de réformes dans les services publics et une lutte intense contre la corruption du gouvernement en place depuis 2010, Magyar aspire à insuffler un nouveau souffle à la politique hongroise. "Donnez sa chance au changement!", a-t-il lancé avec détermination.
Avant le meeting, une frénésie d'enthousiasme a saisi les foules, qui cherchaient à s'approcher des candidats du Tisza, motivés par des souvenirs aux couleurs du parti et une musique entraînante en fond sonore.
"On n'a plus le temps d'avoir peur", proclamait une pancarte, tandis qu'un enfant apportant des dessins à l'effigie de Magyar ajoutait une touche innocent à cette manifestation.
Dans un contexte diamétralement opposé, environ 2.000 partisans d'Orban se sont réunis à Debrecen. Le Premier ministre a exhorté ses supporters à "protéger ce que nous avons accompli" et a mis en garde contre les dangers d'un changement radical.
Attila Szoke, un chauffeur de taxi, s'est dit pessimiste à l'idée d'une victoire du Tisza, arguant qu'un tel résultat serait dommageable pour l'avenir du pays. Les tensions sont palpables dans cette ville, traditionnellement un bastion du Fidesz.
"Le Tisza déborde", pouvait-on lire sur un drapeau vantant la popularité croissante du parti d'opposition. À côté, des contre-manifestants exprimaient leur désaccord avec des slogans tels que "saleté de Fidesz" et de forts reproches à l'égard des relations entre Viktor Orban et la Russie.
L'élection de dimanche pourrait bien marquer un tournant dans l'histoire politique hongroise. Des centaines de jeunes supporters du Tisza se sont mêlés à la foule pour faire leurs "adieux" à Orban, espérant un retour à la démocratie. L'industrie politique hongroise est en ébullition, chaque camp se renvoyant la responsabilité d'éventuelles ingérences étrangères.
En fin de semaine, Orban a reçu le vice-président américain, marquant l'importance stratégique de la Hongrie dans la géopolitique européenne. Cependant, certains, comme Kolos, un adolescent de 17 ans, estiment que l'union avec l'UE est cruciale pour la prospérité de leur nation, malgré les critiques du gouvernement envers Bruxelles.







