Israël aspire à la création d'un État libanais souverain capable de contrôler la violence et de désamorcer le Hezbollah. Gil Mihaely note que cet objectif reste encore éloigné. Pendant ce temps, Islamabad se prépare à accueillir des discussions cruciales, grâce à ses canaux de communication avec Washington, et à ses relations étroites avec Riyad et Pékin, lui permettant d'agir en tant que médiateur. La trêve actuelle ne doit pas être considérée comme un échec, mais plutôt comme une manœuvre tactique dans un conflit de longue haleine entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Malgré les efforts de trêve en Iran, Israël maintient son offensive contre le Liban. Quels objectifs demeurent inaccessibles pour Israël au Liban? La faiblesse de l'État libanais, perçue depuis longtemps comme un corps politique défaillant, reste problématique. Dans les années 1970, les Palestiniens ont établi un État dans l'État, transformant les camps de réfugiés en zones non contrôlées par le gouvernement libanais, ce qui a facilité des opérations contre Israël, souvent à l'insu de Beyrouth. Cette dynamique a alimenté une guerre civile et une intervention syrienne qui s'est finalement solidifiée en occupation.
Pression constante
En 1982, Israël a tenté de mettre fin à cette configuration en éradiquant cet État parallèle. Cependant, la fragilité de l'État libanais a permis l'émergence du Hezbollah, soutenu par l'Iran, répétant ainsi des schémas familiers. En mai 2000, le retrait israélien du sud du Liban visait à délégitimer le Hezbollah en tant que force de « résistance » contre l’occupation israélienne, une légitimité qui n’était jamais contestée face à la présence syrienne.
Israël a depuis poursuivi un objectif politique clair : favoriser l'émergence d'un État libanais capable d'imposer son autorité et de transformer le Hezbollah en un acteur strictement politique. Les opérations militaires israéliennes de ces deux dernières décennies suivent cette logique, cherchant à affaiblir le Hezbollah tout en appliquant une pression constante sur le système politique libanais.
Signes encourageants
Le sud du Liban, de Beyrouth à la frontière israélienne, est le terrain des conséquences directes de ce conflit, où la colère envers Israël est palpable. Cependant, l’histoire montre que cette colère tend à se retourner contre le Hezbollah, en particulier après les bombardements. L'évolution récente, avec le gouvernement libanais désignant la branche armée du Hezbollah comme illégale, témoigne d'un changement lent mais significatif au sein du système politique libanais depuis 2000.
Pour qu'un changement durable soit possible, il est crucial d’affaiblir l'Iran. Tant que son influence s'exerce, le rêve d'un État libanais pleinement souverain, capable d'exercer son autorité sur tout son territoire, demeurera un objectif insaisissable.
Négociations à partir de vendredi à Islamabad
Des pourparlers entre Iraniens et Américains se tiendront au Pakistan, point d'ancrage stratégique. Islamabad a développé un rapport privilégié avec Washington, particulièrement sous l’administration de Donald Trump, renforcé par les interactions fréquentes de l’armée pakistanaise avec les États-Unis. Ces échanges ont permis de rouvrir des voies de communication essentielles.
Le cadre pragmatique de ces discussions, incluant l’armée pakistanaise comme un acteur clé dans la sécurité régionale, a réactivé des canaux diplomatiques fermés. De plus, Washington envisage même un accroissement de l'implication pakistanaise en Afghanistan, surfant sur la complexité grandissante des rapports régionaux.
Par ailleurs, le Pakistan entretient une collaboration de longue date avec l'Arabie Saoudite, affinée par des accords de sécurité récents qui solidifient ce partenariat. Cette histoire de coopération militaire et de renseignement a façonné la posture sécuritaire de Riyad.
Des liens solides avec la Chine renforcent également la position du Pakistan, facilitant ainsi un rôle de médiateur crédible dans des discussions avec différentes parties, y compris celles méfiantes vis-à-vis de Washington.
Alors que des tensions existent toujours entre l'Iran et le Pakistan, exacerbées par des incidents tels que des frappes de missiles sur leurs frontières, Islamabad doit jongler avec des fractures internes tout en maintenant des relations avec l'Arabie Saoudite et les États-Unis.
La guerre dure en réalité depuis presque 50 ans!
Des analystes suggèrent que la trêve actuelle représente un échec pour Trump, mais cette vision semble reductrice. Cette phase doit être comprise comme une nouvelle facette d'une longue confrontation entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Depuis 1979, Téhéran a identifié ces deux puissances comme ses principaux adversaires.
Alors que des trêves sont possibles, un règlement définitif semble peu probable en l'absence d'une transformation interne en Iran, qui continuerait à s’appuyer sur des acteurs non étatiques pour renforcer son influence régionale. Ainsi, dans ce contexte géopolitique tendu, les discussions à Islamabad pourraient bien indiquer soit un changement, soit une simple phase d'un long conflit inexorable.







