En seulement deux ans, Péter Magyar a réussi à transformer son image de "mari de la ministre de la Justice" en celle de l'espoir de l'opposition hongroise, devenant le principal prétendant aux prochaines législatives contre le Premier ministre Viktor Orbán.
Viktor Orbán se sentait sûr de lui, projetant déjà une réélection pour un sixième mandat lors des élections de dimanche 12 avril. L'opposition semblait désorganisée, morcelée entre divers courants politiques tels que les sociaux-démocrates, les écologistes et d'autres petites formations. Pourtant, ce climat tranquille pour le dirigeant hongrois était perturbé par la montée imprévue de Magyar.
Initialement, Orbán voyait Magyar comme un « jeune mégalo », une figure à peine menaçante. Mais cette indifférence a rapidement cédé la place à l'inquiétude, puis à la colère. Magyar, qu'Orbán qualifie maintenant de « traître », n'est pas seulement un ancien membre de son parti, le Fidesz ; il était aussi le mari de Judit Varga, une proche du Premier ministre et personnalité clé de son gouvernement.
Cette trahison au sein du Fidesz a créé une onde de choc, alors que Magyar attire de plus en plus de sympathies et d'électeurs. D'après une récente enquête d'opinion, il est désormais perçu comme l'alternative la plus crédible à la politique orbanienne. Selon l'analyste politique László Róbert, « la situation actuelle reflète une profonde fracture au sein de l'électorat hongrois qui pourrait bouleverser l'équilibre des pouvoir ».
Dans un contexte où Orbán utilise le complotisme comme arme électorale (comme l'indique un podcast de France Info), la menace que représente Magyar pourrait bien reformuler les stratégies de campagne du gouvernement en place.







