Arnaud Darthenay, 50 ans, a perdu son fils Axel, victime d’un accident lors de son stage de seconde. Il se bat depuis près d’un an pour la suppression de ces stages d’observation, instaurés durant l’année 2023-2024. Entretien.
Arnaud Darthenay vit une douleur incommensurable depuis la perte tragique de son fils Axel, survenue le 17 juin 2025. Le jeune lycéen de seconde effectuait son stage d’observation lorsque, lors d’un déchargement de palette, un contenant lui est tombé dessus, entraînant sa mort. Sa famille, profondément affectée, s'est mobilisée pour sensibiliser le public aux dangers de ces stages obligatoires, qui ont déjà coûté la vie à cinq adolescents en 2025. Récemment, un garçon de 15 ans a également perdu la vie dans un accident similaire dans le Gard, exacerbant l'urgence de la situation et le combat d'Arnaud pour faire entendre sa voix.
Pouvez-vous nous raconter les circonstances de la mort de votre fils ?
« Axel faisait son stage de 2de générale, un stage d’observation, dans un supermarché. Au deuxième jour, en fin de service, un élément de la palette lui est tombé dessus. Nous avons déposé plainte pour homicide involontaire, une enquête est en cours.
« Étant donné que c’est arrivé dans une entreprise, même pour les stagiaires, les faits sont considérés comme un accident de travail. Cela me semble troublant car il ne s’agissait pas d’un employé, mais d’un simple stagiaire. La convention de stage ne fait pas d'eux des employés. »
Remettre de l’humain dans l’éducation nationale
Comment cela s’est-il passé ensuite avec l’éducation nationale ?
« Honnêtement, l’attitude de l’Éducation nationale a été inhumaine. Nous n’avons eu aucune communication de leur part, excepté de la part du chef d’établissement. L’Éducation nationale a une responsabilité dans la sécurité de nos enfants lors de ces stages, car ils sont obligatoires.
« Bien que la responsabilité de l’entreprise soit évidente, l’Éducation nationale ne peut pas se décharger de ses obligations simplement parce qu’il y a une convention de stage. C’est choquant et il est impératif de restaurer l’humain dans l’Éducation nationale. »
Face à ce silence, vous avez lancé une pétition et vous êtes tourné vers des personnalités politiques…
« Nous avons lancé une pétition et distribué des flyers pour informer les parents des risques. Nous avons contacté des députés et sénateurs pour faire connaître notre lutte. Jusqu’à présent, seules quatre réponses ont été reçues.
« Le 29 avril, le sénateur Fagnen a interpellé le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, pour obtenir une rencontre à ce sujet. Ce dernier a également été interpellé à l’Assemblée nationale. Nous avons rencontré le sénateur Fabien Gay, qui a transmis un courrier aux ministres concernés. »
Six morts en un an
Qu’attendez-vous de ces ministres ?
« Nous espérons qu'ils accepteront de nous rencontrer afin que nous puissions exprimer nos préoccupations. Ces stages d'observation ont été établis rapidement, sans réflexion approfondie, pour occuper les lycéens. Nous demandons leur suppression telle qu'elle est actuellement.
« Aujourd’hui, aucun professionnel de l’éducation nationale ne vérifie les conditions d'accueil des stagiaires dans les entreprises. Comment pouvons-nous être assurés de la sécurité des enfants dans ces environnements ? »
Quel message souhaitez-vous transmettre aux parents ?
« Nous voulons alerter les parents sur les dangers potentiels de ces stages, alors qu’ils se battent pour en trouver un pour leur enfant. Lorsque des responsables politiques nient ces problèmes de sécurité, c’est inacceptable. L’éducation nationale met en danger la vie des enfants. Six adolescents sont décédés en moins d’un an, c’est inacceptable. »
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