Schröder, futur médiateur dans la guerre en Ukraine : entre soutien et scepticisme en Allemagne

La proposition de Poutine de désigner Schröder comme médiateur divise les opinions en Allemagne.
Schröder, futur médiateur dans la guerre en Ukraine : entre soutien et scepticisme en Allemagne
L'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, ici en septembre 2017, est un ami de Vladimir Poutine. AFP/Olga Maltseva

Le président russe, Vladimir Poutine, a suggéré que l'ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, puisse jouer le rôle de médiateur dans le conflit ukrainien. Cette initiative a été reçue avec une froideur notable à Berlin, suscitant d'intenses débats politiques dans le pays. Poutine, s'exprimant ce samedi, a déclaré qu'il préférait personnellement Schröder pour relancer le dialogue avec les Européens.

Gerhard Schröder, chancelier de 1998 à 2005 et proche de Poutine, est perçu depuis deux décennies comme un fervent soutien du Kremlin. Des sources gouvernementales à Berlin ont immédiatement réagi, qualifiant cette proposition de "fausse offre" et rendant compte de la "stratégie hybride bien connue" du Kremlin. Elles soulignent également que pour que la Russie prouve sa bonne foi, elle devrait d'abord prolonger la trêve actuelle.

Un débat en Allemagne

Le refus de Schröder de condamner l'invasion russe en Ukraine a alimenté les critiques au sein de son propre parti, le SPD. Ses liens avec les projets de gazoducs Nord Stream et son ancien poste au conseil d'administration de Rosneft, qu'il a quitté en 2022, ajoutent à la controverse qui l'entoure. Pour Michael Roth, ancien de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, "un médiateur ne peut pas être un ami de Poutine". Il insiste sur le fait que seul Kiev devrait décider de l'acceptabilité d'un tel intermédiaire.

Cependant, certaines voix au sein du SPD, notamment en raison d'une sensibilité pacifiste croissante, semblent plus ouvertes à cette initiative. Adis Ahmetovic, porte-parole des affaires étrangères du SPD, a affirmé qu'il ne fallait pas écarter cette proposition sans réflexion préalable. Ralf Stegner a également soutenu cette idée, suggérant que chaque possibilité pour contribuer à la paix devait être explorée, même si celle-ci paraissait mince.

Les opinions restent divisées, et Marie-Agnes Strack-Zimmermann, du FDP, a exprimé ses doutes concernant l'efficacité d'un tel choix. En somme, la question de la médiation de Schröder force le pays à naviguer entre des réalités politiques complexes et des considérations éthiques sur la sécurité de l'Europe.

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