Le président français Emmanuel Macron a atterri au Kenya dimanche, illustrant ainsi sa volonté de redéfinir les liens entre la France et l'Afrique. Cette visite s'inscrit dans le cadre de sa tournée africaine, marquée par la volonté d'établir une « relation refondée » avec le continent. Le choix du Kenya comme destination est révélateur d'un monde diplomatique en mutation, habituellement tourné vers les anciennes colonies francophones, alors que la France cherche maintenant à diversifier ses partenariats.
Dans le cadre d’une rencontre avec son homologue kényan William Ruto, Macron a notamment évoqué les enjeux économiques et d'investissement qui unissent les deux pays. Le Kenya, avec ses 140 entreprises françaises, illustre un dynamisme et un intérêt croissant des acteurs hexagonaux dans cette région, où le climat des affaires évolue rapidement. « Nous avons l'intention de renforcer nos relations commerciales », a déclaré Macron, avec l'objectif d'attirer encore plus d'investissements français.
Cette initiative vise aussi à reconstruire l'image de la France en Afrique après des années de tensions et de déceptions, notamment dans les pays francophones du Sahel, où la présence militaire française a été mise à mal par des changements politiques brutaux. Les critiques concernant le désengagement progressif de certaines entreprises françaises sont également omniprésentes.
Un sommet historique
Le sommet qui se tiendra à Nairobi, intitulé « Africa Forward » (En avant l'Afrique), est le premier du genre à avoir lieu dans un pays anglophone. Cette décision reflète une volonté de Macron de sortir des schémas traditionnels et d'ouvrir les portes à un dialogue inclusif avec l’ensemble du continent africain. « Nous voulons que l'Afrique soit au cœur des discussions internationales », a affirmé le président français.
William Ruto, quant à lui, s'affirme comme un partenaire clé pour la France, notamment par son rôle de facilitateur dans l’architecture financière internationale pour mieux mobiliser les investissements privés. Ce sommet, en présence de grands patrons comme Rodolphe Sade (CMA CGM) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies), pourrait donner lieu à des promesses d'investissements conséquentes. Plus d’une vingtaine de dirigeants africains sont également attendus, renforçant l'importance de cet événement diplomatique.
Malgré les difficultés du passé, notamment des sentiments antifrançais croissants dans plusieurs pays, Macron espère que ce virage diplomatique lui permettra de retrouver une influence positive. Sa tournée se poursuivra en Éthiopie, dans un contexte de défis géopolitiques croissants sur le continent africain. La diplomatie française tentera ainsi de revitaliser une présence en déclin et de construire un avenir où l'Afrique serait partenaire à part entière.







