Alors que les négociations pour mettre un terme au conflit ukrainien restent stagnantes, le président russe Vladimir Poutine a surpris en proposant Gerhard Schröder comme médiateur. Cette suggestion a suscité une controverse notable au sein de l'Union européenne.
Schröder, ancien chancelier allemand, est connu pour ses relations étroites avec la Russie, ce qui soulève des craintes de favoritisme. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a exprimé son scepticisme en déclarant que « Gerhard Schröder a été lobbyiste pour des entreprises russes. Cela explique pourquoi Poutine le soutient. » Cette opinion est partagée par de nombreux analystes qui voient en Schröder une figure controversée.
Son passé politique est marquant, notamment son rôle en tant que président du conseil de surveillance de Nord Stream AG, un projet de pipeline de gaz reliant l'Allemagne à la Russie, qui a privilégié les intérêts énergétiques allemands au détriment des préoccupations géopolitiques. La chercheuse Carole Grimaud souligne que Schröder incarne une époque révolue de naïveté politique, où les relations économiques étaient favorisées sans tenir compte des dangers potentiels.
« Il ne serait pas avisé de permettre à la Russie de désigner un intermédiaire pour d'autres pays », a insisté Kaja Kallas. Cette position recoupe les analyses de plusieurs experts, qui affirment que Poutine n'a plus d'alliés influents au sein de l'Europe. À ce stade, ce choix de Schröder apparaît comme un retour de flamme pour un homme dont la crédibilité est montrée du doigt depuis longtemps.
En somme, la proposition de Poutine met en lumière non seulement les fragilités des relations internationales autour du conflit ukrainien mais aussi les questionnements éthiques sur les choix de médiation. Le consensus en Europe est presque unanime : la figure de Gerhard Schröder, malgré son expérience, ne peut plus prétendre à un rôle qui, de surcroît, risque de nuire à tout processus de paix efficace.







