Un ancien joueur emblématique de l’équipe nationale d’Iran, Ali Karimi, se retrouve dans l’œil du cyclone après que les autorités ont décidé de saisir six de ses propriétés. Cette décision survient en réponse à ses critiques acerbes concernant le régime en place.
Désigné comme un "traître à la nation" en raison de son soutien aux mouvements de contestation, Ali Karimi, souvent décrit comme le "Maradona asiatique" en raison de son talent exceptionnel sur le terrain, a exprimé son désarroi face à la situation politique de son pays à travers plusieurs messages sur les réseaux sociaux. Il a également exprimé son soutien à l’ex-chah, qui a été renversé lors de la révolution de 1979, mise en place de la République islamique qui est toujours en place aujourd’hui.
Le site d’information Mizan, lié au pouvoir judiciaire iranien, a qualifié Karimi de "traître qui a activement soutenu l’ennemi ces dernières années". Les autorités ont saisi quatre maisons et deux commerces appartenant à l’ancien footballeur, indiquant que ces actes se sont faits sur décision judiciaire pour "l’intérêt du peuple iranien". Ali Karimi, qui a quitté l’Iran en 2022, n’a pas encore réagi à cette nouvelle.
Ce soutien aux manifestations a été particulièrement visible lorsque, alors qu’il vivait aux Émirats arabes unis, il avait été la cible d’une procédure judiciaire pour avoir "encouragé" les mouvements protestataires, notamment suite à la mort tragique de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le rigoureux code vestimentaire.
Les saisies d’avoirs ont été intensifiées après le début du conflit avec Israël et les États-Unis à la fin février. Les autorités continuent de cibler ceux qu’elles désignent comme des "traîtres". Un autre exemple éloquent est celui de Zahra Ghanbari, capitaine de l’équipe nationale féminine de football, qui a vu ses biens confisqués après avoir demandé l’asile en Australie — bien qu’elle ait par la suite retiré sa demande.
À noter qu’une demi-douzaine d’autres footballeuses et membres de l’encadrement avaient formulé des demandes d’asile lors de la Coupe d’Asie des nations féminine en Australie, et deux d’entre elles ont décidé de rester dans le pays.
Alors que l’équipe masculine d’Iran se prépare pour la Coupe du monde aux États-Unis en juin, une vigilance accrue est attendue, dans un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient.







