Reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Nanterre, l’ancien maire écope également de fortes amendes et d’une interdiction d’exercer toute fonction publique.
Le 28 mai 2026, le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, à une peine de quinze mois et trois ans d’emprisonnement dans le cadre de deux affaires distinctes de détournement de fonds publics. En plus de ces peines, il a été condamné à verser 350 000 et 500 000 € d’amende, et a reçu une interdiction de dix ans d’inégibilité ainsi qu'une exclusion de la fonction publique pour une durée de cinq ans.
Le tribunal a toutefois décidé de ne pas émettre de mandat de dépôt compte tenu de l’âge de l’accusé. Son avocat, Me Binsard, a annoncé son intention de faire appel de ces décisions. À 77 ans, Patrick Balkany était absent lors des délibérations en raison d'une hospitalisation.
Dans le premier dossier, l’ancien élu était jugé pour avoir utilisé de l’argent d’une association subventionnée par la ville, la Codeeil, afin de subventionner son ancien directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020. Lors de l’examen du second volet, il a été reproché d’avoir détourné des policiers municipaux pour des tâches personnelles, les utilisant comme chauffeurs privés entre 2010 et 2015.
Des policiers comme servants
Le procureur a décrit Patrick Balkany comme un « démiurge omnipotent », soulignant qu’il avait utilisé des policiers municipaux comme « larbins » et « presque des domestiques ». En revanche, l'avocat a plaidé la relaxe, dénonçant ce qu'il qualifie de « purge » judiciaire et critiquant les insuffisances de l'instruction.
La présidente du tribunal, Céline Ballerini, a insisté sur la gravité des faits et la « légèreté avec laquelle certains élus peuvent s'affranchir des lois » qu'ils sont chargés de faire respecter. Elle a par ailleurs regretté le discours inchangé de Patrick Balkany malgré ses condamnations passées.
Ce dernier a déjà été condamné dans d’autres affaires, notamment en 2023, où avec son épouse Isabelle, ils avaient été jugés pour avoir dissimulé 13 millions d’euros au fisc. En avril, la cour d’appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle pour les quinze mois restants à purger dans ce dossier. Il a également purgé cinq mois de détention entre 2019 et 2020, puis six mois en 2022.







