Donald Trump a appelé, ce lundi, à une cessation immédiate des échanges de tirs entre l'Iran et Israël, alors que le climat de tensions s'intensifie après la reprise des attaques directes entre les deux nations, pour la première fois depuis un fragile cessez-le-feu de deux mois.
Depuis la mise en œuvre de ce cessez-le-feu le 8 avril, des explosions retentissent à nouveau à Téhéran et à Tel-Aviv, bien que, pour l'instant, aucun blessé n'ait été signalé. Un responsable militaire israélien a rapporté qu'une trentaine de missiles iraniens avaient été tirés sur Israël en réponse à une frappe israélienne sur la banlieue de Beyrouth, qui a causé deux décès et une vingtaine de blessés.
Ces bombardements sont présentés par Téhéran comme un avertissement, avec des menaces d'une riposte plus vaste, renvoyant à une approche intégrée des deux fronts du conflit.
Trump, qui a récemment exprimé ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a pris une position ferme sur son réseau Truth Social : "Israël et l'Iran doivent immédiatement arrêter de tirer". Cette déclaration s'inscrit dans un contexte de forte impopularité du conflit aux États-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat.
A Tel-Aviv, des habitants partagent leur soutien à l'idée d'une intervention américaine. Hillary Shaw, 68 ans, s'épanche sur son expérience : "Ce n'est pas amusant de revivre cela. J'espère que Trump parlera à Netanyahu pour que cela ne dure pas longtemps." Jonathan Ariel, un habitant de Tel-Aviv, abonde dans ce sens : "Nous pensions que la dernière escalade serait courte, et cela a duré un mois."
La vie quotidienne à Tel-Aviv connaît des perturbations croissantes : écoles fermées et services de transport impactés. Un photographe de l'AFP a observé un missile planté dans le sol près de Jéricho en Cisjordanie occupée, témoignant de la gravité de la situation.
À Téhéran, une explosion retentissante a eu lieu près du ministère des Affaires étrangères, suite à l'abattage d'un drone, selon l'agence Mehr. L'espace aérien iranien est désormais paralysé, avec la suspension des vols dans deux des principaux aéroports de la capitale.
De plus, les conséquences économiques commencent à se faire sentir. Farhad, un chef cuisinier de 35 ans, souligne l'état de fatigue et de désarroi de son pays face à l'impact des bombardements israélo-américains : "L'économie est paralysée, le moral est bas. Personne ne sait ce que l'avenir nous réserve."
La situation reste critique, avec des frappes réciproques : l'Iran a revendiqué des attaques contre des installations pétrochimiques israéliennes, tandis qu'Israël a annoncé avoir frappé des systèmes de défense en Iran. "Aucun pays respectueux ne tolérerait une telle attaque", a déclaré l'ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter.
Les tensions se trouvent amplifiées par des revendications des rebelles houthis au Yémen, qui ont menacé Israël et annoncé une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge. Cela a contribué à la montée des prix du pétrole, le baril de Brent atteignant 97,65 dollars, avec des marchés boursiers évoluant à la baisse.
Ces attaques suscitent des inquiétudes quant à la perspective d’un futur accord de paix. Les pourparlers se poursuivent malgré tout, mais la diplomatie iranienne souligne que la situation actuelle compromet leurs progrès, une idée réaffirmée par Trump, qui a critiqué le processus, le qualifiant d'entravé par l'"ignorance" et la "stupidité".
Les chefs de la diplomatie internationale, y compris Kaja Kallas, responsable des affaires étrangères de l'Union européenne, expriment leur préoccupation face à cette escalade, tandis que Pékin a également marqué son désaccord. Les enjeux demeurent élevés, avec des points d'impasse persistants autour du contrôle stratégique du détroit d'Ormuz et du programme nucléaire iranien.







