Le ministre de la défense du Royaume-Uni, John Healey, a décidé de quitter ses fonctions ce jeudi 11 juin, critiquant le manque d'engagement du gouvernement concernant le plan d'investissement militaire à venir. Cette démission survient à un moment crucial, alors que le gouvernement de Keir Starmer doit dévoiler sa stratégie militaire avant le sommet de l'Otan prévu en juillet.
Dans sa lettre de démission, Healey a exprimé des préoccupations majeures, notamment en déclarant : « Vous n’avez pas été en mesure de mobiliser les ressources nécessaires afin de défendre la nation face aux menaces croissantes. » Il a fait savoir qu'il ne pouvait plus accepter une situation où les forces armées ne recevaient pas ce dont elles ont besoin pour fonctionner efficacement.
La publication d’un plan d'investissement sur dix ans dans la défense, initialement prévue pour fin 2025, a déjà été reportée à plusieurs reprises. Healey a précisé : « Après avoir exposé mes préoccupations sur l'absence de ressources pour notre armée, je n'ai d'autre choix que de démissionner. »
Nouveau coup dur pour Keir Starmer
Cette démission constitue un nouveau revers pour Keir Starmer, dont le gouvernement fait face à des tensions internes. Le premier ministre, déjà fragilisé, doit affronter une élection législative partielle décisive la semaine prochaine. Starmer s'est engagé à augmenter les dépenses militaires, mais se retrouve maintenant dans une position délicate à l'approche du sommet de l’Otan les 7 et 8 juillet.
La guerre récente en Iran a souligné les lacunes d'un manque d'investissement et les retards dans l'armement, laissant sa Navy presque absente dans une région clé. Starmer vise à porter les dépenses militaires à 2,5 % du PIB d'ici 2027, puis à 3 % après 2029, atteignant 3,5 % d'ici 2035, conformément aux attentes de l'Otan.
Interrogé lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a reconnu que l'augmentation des dépenses militaires était une tâche complexe. « Bien sûr, ce n’est pas facile. Un compromis avec d'autres dépenses est toujours nécessaire, mais la priorité d'un gouvernement reste la sécurité du pays, tout en maintenant une économie forte, » a-t-il déclaré.







