Les forces britanniques ont intercepté un pétrolier de la flotte fantôme russe ce dimanche dans la Manche, en étroite collaboration avec la France, a déclaré le ministère de la Défense du Royaume-Uni.
Cette opération, sans précédent, a vu le navire SMYRTOS arraisonné par des commandos des Royal Marines accompagnés d’agents spécialisés de l’Agence nationale contre le crime. Ce dernier a pour but de contrer l'effort de la Russie pour contourner les sanctions occidentales et continuer à soutenir ses activités militaires en Ukraine.
Menée aux premières lueurs du jour et durant six heures, l'opération a bénéficié du soutien aérien de plusieurs hélicoptères Chinook et de la frégate HMS Sutherland. Dès sa capture, le navire a été placé sous surveillance et sera transférré vers une zone de mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre.
"La Russie dépend de sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine. Cette interception représente un coup dur à la guerre illégale de Poutine", a souligné le ministre de la Défense, Dan Jarvis, notant que les efforts ont été menés en coordination avec les autorités françaises. Perturber cette flotte avec l’aide de partenaires internationaux permet de frapper directement les ressources qui alimentent l’agression russe et de réduire sa capacité à menacer la sécurité européenne et mondiale.
Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, Londres a imposé des sanctions à de nombreux navires soupçonnés d'appartenir à la flotte fantôme, généralement composé de vieux pétroliers aux propriétaires douteux, leur interdisant l'accès à des ports et services britanniques.
Le Premier ministre Keir Starmer a salué l'opération comme un "nouveau coup porté à la Russie", rappelant que ceux qui soutiennent le régime de Poutine ne trouvent pas refuge.
En mars dernier, le gouvernement britannique a annoncé que ses forces avaient l’autorisation de monter à bord et de saisir les navires de la flotte fantôme dans ses eaux.
Cette initiative s'inscrit dans un cadre plus large, alors que les États-Unis ont assoupli leurs restrictions sur le pétrole russe, et que d'autres pays européens comme la France et la Belgique ont récemment saisi des navires similaires.
D’après les autorités britanniques, ces navires sont également soupçonnés d’être impliqués dans la dégradation de câbles sous-marins dans la mer Baltique. Le gouvernement propose de renforcer sa législation pour prévenir toute tentative de sabotage par la Russie et d’autres États hostiles.
Des incidents maritimes fréquents au sein de cette région stratégique ont mis en lumière une intensification des opérations russes, décrites par des experts militaires et des responsables européens comme une "guerre hybride" visant à déstabiliser la sécurité européenne, notamment aux abords des pays membres de l'Otan, à l'exception de la Russie.
L’ancien ministre de la Défense, John Healey, a récemment souligné que les forces britanniques avaient réussi à suivre et dissuader trois sous-marins russes dans les eaux britanniques, près des câbles et des oléoducs sous-marins cruciaux.
La Grande-Bretagne étant connectée au reste du monde par près de 64 câbles de télécommunications sous-marins, la sécurité de ces infrastructures revêt une importance capitale dans le contexte actuel.







