Une nouvelle journée étouffante s'annonce ce dimanche pour les habitants de l'Europe centrale, notamment les Allemands, Polonais, Tchèques et Hongrois, alors que la vague de chaleur persiste. En parallèle, la France commence à évaluer les dégâts humains causés par cette canicule harassante.
Selon les estimations de l'AFP, près de 191 millions d'individus seront exposés à des températures dépassant 35°C aujourd'hui, bien que ce chiffre marque une légère baisse par rapport à samedi.
Le week-end dernier a été marqué par des records de chaleur : 37°C enregistrés au Danemark, 40,6°C en République tchèque, et un impressionnant 41,5°C en Allemagne. Ce dernier pays a même vu sa température minimale nocturne atteindre 29,4°C, établissant un nouveau record depuis août 2003.
À Berlin, les autorités ont décidé d'utiliser des canons à eau pour rafraîchir les habitants en cette période de chaleur extrême.
Sur le territoire français, deux départements de l'est sont encore en vigilance rouge, mais une levée des alertes est prévue pour 22H00 (20H00 GMT).
Les données de Santé publique France (SpF) révèlent que la canicule, qui sévit depuis plus de dix jours, pourrait avoir causé une surmortalité estimée à un millier de décès supplémentaires depuis le 24 juin. Les personnes âgées, en particulier celles de plus de 65 ans, sont les plus affectées, avec une augmentation de 40% des décès à domicile.
Philippe Juvin, directeur des urgences de l'hôpital Pompidou à Paris, a exprimé ses craintes d'un bilan final "probablement très très lourd" lors d'une interview sur France Info. "Lundi, avec la reprise du travail des aides-à-domicile, nous pourrions découvrir des personnes en très mauvais état, n'ayant pas bu depuis plusieurs jours", a-t-il averti.
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a nuancé ces inquiétudes en déclarant sur BFMTV que la surmortalité de cette année ne serait probablement pas comparée à celle de 2003, qui avait causé près de 15.000 décès.
Les scientifiques s'accordent à dire que les vagues de chaleur sont un symptôme évident du changement climatique, une problématique exacerbée par les activités humaines et la combustion de combustibles fossiles.
Des recherches récentes mettent en lumière l'impact d'une anomalie climatique, une “bulle froide” dans l'Atlantique, qui affecte les courants atmosphériques, contribuant à maintenir des systèmes de haute pression sur le continent. Marilena Oltmanns, physicienne au climat à l'université de Brême, a déclaré à l'AFP que cette série d'événements est responsable d'un réchauffement plus rapide de l'Europe durant l'été.
La montée des températures ne touche pas uniquement la terre ferme mais affecte également les mers, entraînant un déclin de la biodiversité marine. Grégory Beaugrand, chercheur au CNRS, a observé que le plancton en mer est de plus en plus réduit en taille, affectant ainsi l'ensemble de la chaîne alimentaire marine.
Jean Jouzel, paléoclimatologue français et vice-président du Giec, a exprimé sa préoccupation que les responsables politiques passent à autre chose une fois cette canicule terminée, tout en soulignant que les alertes sur le climat ne doivent pas être ignorées. "Ce que nous vivons maintenant est conforme aux scénarios que nous avons anticipés depuis longtemps", a-t-il alerté.







