Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a récemment suggéré la libération d’un agent consulaire algérien, impliqué dans le kidnapping d’un influenceur français. Cette démarche pourrait-elle symboliser une volonté d’apaisement diplomatique en échange de la liberté du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis un an ? Beaucoup analysent la situation sous cet angle.
Dans le jargon des échanges diplomatiques, l’expression « Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné » évoque une forme de réciprocité, un troc censé bénéficier aux deux parties. En d’autres termes, chacun trouve son compte dans cet échange, au moins en théorie.
Retour sur l'enlèvement d’Amir DZ
Il semblerait que la France envisage une diplomatie fondée sur de tels échanges avec l’Algérie, selon des sources proches du gouvernement. En effet, la possibilité d’échanger Smaïl R., l’agent du consulat algérien de Créteil, contre le journaliste Gleizes émerge dans les discussions. Ce dernier est l’objet de spéculations depuis qu’il a été arrêté.
En avril 2024, Smaïl R. a été placé en détention provisoire après avoir été soupçonné de participation à l’enlèvement d’Amir Boukhors, alias Amir DZ, un youtubeur critique du régime algérien. La situation s’est intensifiée, d’autant plus que la France possède peu de consulats en Algérie, tandis que l’Algérie en compte de nombreux en France.
En mars, l’avocat de Smaïl R. a demandé sa libération conditionnelle, qui a été refusée. Cependant, un tournant inattendu s’est produit le 11 juin, lorsque le PNAT a affirmé que sa détention n'était plus justifiée, relatant que cela n'était plus utile à la manifestation de la vérité. Ce revirement s’inscrit dans un contexte de dialogue réchauffé entre Paris et Alger, marqué par un entretien entre le président algérien Tebboune et le ministre français de la Justice.
Décision judiciaire dans une semaine
Néanmoins, la situation s’est compliquée lorsque le juge de la détention et des libertés a décidé de s’opposer au PNAT, refusant la libération de Smaïl R. Son avocat a dénoncé un « troc » et un « marchandage d’otages », et a naturellement fait appel de cette décision.
L’appel devrait être examiné par la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris le 13 juillet. En attendant, Gleizes reste derrière les barreaux, victime d’une situation complexe où la France semble peiner à établir une stratégie claire pour se faire respecter et éviter de tels échanges malheureux.
Oserait-on se demander si une victoire de l’Algérie lors de la Coupe du Monde de football pourrait inciter Tebboune à accorder sa grâce présidentielle pour libérer Gleizes ? Les spéculations vont bon train dans les cercles diplomatiques.







