Depuis janvier 2025, au moins un million de femmes et de jeunes filles se retrouvent sans aide humanitaire, alors que les coupes budgétaires touchent gravement les organisations œuvrant pour leurs droits dans les zones de conflit, selon un rapport alarmant de l’ONU Femmes. Ce constat s'appuie sur les données fournies par 855 organisations dirigées par des femmes dans 52 pays en crise.
Alors que ces organisations font face aux plus importantes réductions d’aide publique jamais enregistrées, 90 % d’entre elles déclarent ne plus être en mesure de répondre aux besoins croissants de la population. "Les résultats sont catastrophiques, en particulier pour les femmes et les filles qui subsistent dans des conditions précaires," indique Sofia Calltorp, responsable de l'action humanitaire à l'ONU Femmes.
Une crise humanitaire sans précédent
Les effets de ces coupes sont particulièrement visibles dans des pays comme l'Afghanistan, la République démocratique du Congo et Haïti. Calltorp souligne que les organisations de femmes, souvent les dernières à rester sur le terrain lorsque l'attention internationale se détourne, sont cruciales pour les victimes des crises humanitaires. "Chaque dollar retiré aux organisations de femmes se traduit par un fardeau supplémentaire pour celles qui subissent des violences sexuelles ou sont déplacées," a-t-elle ajouté.
La situation est d'autant plus préoccupante que 65 % des travailleuses dans ces organisations déclarent ne pas être rémunérées pour continuer à fournir des services essentiels, entraînant une augmentation de l'épuisement professionnel. L’ONU Femmes alerte également sur une hausse alarmante des violences basées sur le genre, ayant doublé depuis le début de l'année, alors même que les systèmes de protection s'effondrent.
Les droits des femmes en danger
La crise financière et humanitaire actuelle aggrave le recul des droits des femmes : selon l'agence, une organisation sur cinq a suspendu ses activités de promotion de l'égalité des sexes. Ce rejet inattendu de l'assistance humanitaire est survenu à un moment où environ 120 millions de femmes et de filles avaient encore besoin d’aide.
"Une femme à la recherche d'un refuge peut trouver un centre fermé, tandis qu'une mère peut se voir refuser de la nourriture pour ses enfants. Les conséquences de ces coupes budgétaires vont bien au-delà de l'aide humanitaire," conclut l'ONU Femmes.







