Dans un récent vote, les militants du Parti socialiste (PS) ont opté pour une "primaire fermée" en octobre 2027, désavouant ainsi Olivier Faure, leur Premier secrétaire. Cette décision marque un tournant majeur et ouvre la voie à la candidature de Raphaël Glucksmann, tout en enterrant l'idée d'une primaire unitaire de la gauche ne comprenant pas La France Insoumise (LFI).
Alors qu'Olivier Faure avait proposé d'ouvrir cette primaire à tous les sympathisants du PS pour élargir le corps électoral, 55% des votants ont préféré la limiter aux seuls adhérents du parti et aux "organisations politiques faisant partie du pôle socialiste", incluant notamment Place publique, proche de Glucksmann.
Faure aspirait à ce que le vainqueur de cette primaire puisse participer par la suite à une primaire unitaire avec les Écologistes et d'anciens Insoumis tels que Clémentine Autain et François Ruffin. Cependant, après le vote des militants, cette option semble désormais exclue, soulevant des inquiétudes concernant la dispersion des voix à l'élection présidentielle.
Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a reconnu dans une communication officielle que les militants socialistes avaient "décidé d'enterrer les projets d'une primaire" unitaire. Elle a aussi reçu des pressions pour renforcer le dialogue avec les Insoumis, après le 13 juillet, pour sortir de la situation actuelle.
Étonnamment, cette décision était prévisible compte tenu des rapports de force résultant du dernier congrès du PS, où Faure a perdu le soutien de nombreux membres influents, y compris celui de Boris Vallaud, chef des députés.
Dans un communiqué, le PS a indiqué : "Le candidat désigné proposera un rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine en vue de construire un programme et un accord législatif commun." Boris Vallaud a salué ce choix, qui, selon lui, oriente désormais le PS vers les préparatifs électoraux.
Malgré ce désaveu, Olivier Faure refuse de quitter ses fonctions. "Mon rôle est d’appliquer les décisions prises", a-t-il déclaré. Il a également évoqué la possibilité de se lancer dans cette primaire, tout en projetant la sortie d’un livre en septembre.
Les projecteurs se tournent très vite vers Glucksmann qui, jusqu'à présent, était réticent à participer à une primaire. Faure a souligné : "Il n’a pas d’autre choix s’il souhaite obtenir le soutien des socialistes." Il insiste sur la nécessité d'affronter les défis en se présentant en tant que candidat.
À l'heure actuelle, les seuls candidats déclarés pour cette primaire sont Philippe Brun et Jérôme Guedj, déjà en route pour faire entendre leur voix. Le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a aussi annoncé sa candidature en dehors de cette primaire, tandis que Vallaud pourrait également se lancer dans la course.
Pour régir le déroulement des votations et les candidatures, un "comité inter-partis" sera mis en place. En outre, d'autres mouvements pourraient se joindre à cette primaire, comme celui de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve ou de l'homme d'affaires Mathis Pigasse, s'investissant aussi à gauche.
À la lumière de cette situation, François Hollande a clairement exprimé son refus de participer à cette primaire, se réservant le droit d'agir en tant que recours en cas de crise pour le PS. Le paysage actuel prend une tournure inquiétante, alors que Jean-Luc Mélenchon, candidat de LFI, semble prendre une avance considérable sur ses adversaires, au point où Faure a reconnu la force de la campagne de Mélenchon.
"Le champion de l'été n'est pas forcément celui de l'automne ou de l'hiver", a-t-il résumé. Ce nouvel épisode du PS soulève de nombreuses questions sur l'avenir de la gauche française et sur les dynamiques internes du parti.







