En 2025, le Royaume-Uni fait face à une crise migratoire sans précédent avec plus de 41 000 arrivées par la Manche. Ce chiffre marque une hausse continue, mettant la pression sur le gouvernement travailliste dirigé par Keir Starmer, qui a pris ses fonctions en juillet 2024. Alors que les mesures pour endiguer ces traversées clandestines n’ont pas donné les résultats escomptés, les débats sur l’immigration s’intensifient, notamment face à l’essor du parti Reform UK de Nigel Farage.
Selon des données récentes, entre le 1er janvier et le 30 décembre, 41 472 personnes ont fait le dangereux trajet depuis la France vers les côtes anglaises. Ce chiffre dépasse déjà celui enregistré en 2023 et se rapproche des 45 774 arrivées de 2022, une année marquée par un pic sans précédent dans ce phénomène. Les traversées continuent d’entraîner de tragiques naufrages, avec au moins 29 migrants ayant perdu la vie en mer au cours de l’année.
Pour le gouvernement Starmer, cette situation est particulièrement délicate. Le ministre de l'Intérieur a annoncé des mesures drastiques pour faire face à cet afflux, tout en tentant de mettre en œuvre un accord avec la France visant à renvoyer les migrants qui arrivent par « small boats ». Néanmoins, cet accord, critiqué par des organisations de défense des droits humains, n'a pas réussi à décourager les candidats à la traversée. Lors de l'été dernier, 153 personnes ont été renvoyées vers la France, tandis que le Royaume-Uni a accueilli 134 migrants dans le cadre de cet échange.
Les traversées de la Manche, qui ont commencé à être comptabilisées en 2018, ont vu une montée en flèche des demandes d'asile, créant un climat de mécontentement face à l’incapacité apparente des autorités à gérer la situation. « Nous devons réformer notre système d'immigration pour faciliter le renvoi des migrants illégaux », a déclaré Alex Norris, secrétaire d'État chargé de la sécurité des frontières. Les experts s’inquiètent de cette pression croissante et de l'impact sur les communautés locales, notamment après des manifestations massives de l'extrême droite au Royaume-Uni.
Les principaux pays d'origine des migrants comprennent l'Érythrée, l’Afghanistan et le Soudan, les données du gouvernement indiquant qu'environ 75 % des personnes traversant la Manche sont des hommes de plus de 18 ans. Alors que la réaction du gouvernement est scrutée de près, la montée du parti Reform UK, qui capte le mécontentement des électeurs face à l’immigration, pourrait changer la donne lors des élections locales de mai prochain. L’avenir de la politique migratoire britannique demeure incertain, alors que de nouvelles propositions et solutions sont attendues pour faire face à cette crise humanitaire persistante.







