Parmi les cris de révolte qui émanent des rues d’Iran, un nom se distingue : Reza Pahlavi. Fils aîné de l’ancien chah, il aspire à retourner dans sa patrie et à orchestrer une transition vers un nouveau régime. Actuellement basé à Washington, cet homme de 65 ans représente l'opposition laïque, et son nom est souvent scandé par les manifestants.
À la faveur de la contestation, Reza Pahlavi fait son apparition comme une figure charismatique. Sur les réseaux sociaux, il s’adresse aux Iraniens en déclarant : "La liberté est proche. N'abandonnez pas les rues." Ce retour sur le devant de la scène fait de lui une potentielle alternative au régime en place, que les Iraniens tentent de renverser depuis des années. Son exil forcé, qui a débuté avec la Révolution islamique de 1979, a laissé des traces, mais ne l’a pas empêché d’entretenir un lien avec son pays d’origine.
Une enfance baignée par l'histoire
Né au sein de la dynastie impériale, Pahlavi a grandi dans un contexte de luxe, où sous la houlette de son père, le "roi des rois", l'Iran semblait être un modèle de modernité et de progrès. Toutefois, les inégalités sociales et la répression orchestrée par la Savak, la police secrète du régime, jetaient une ombre au tableau doré. À 18 ans, avec la chute du régime monarchique, il s'exile aux États-Unis, et depuis, il n'a jamais foulé le sol iranien.
Une nostalgie palpable
La montée des manifestations a ravivé chez certains Iraniens un sentiment de nostalgie pour l'ère impériale. Cependant, malgré ses partisans, Reza Pahlavi est souvent critiqué pour son manque d'expérience politique et ses liens avec Israël, qui suscitent des réticences. Selon Adel Bakawan, directeur de l’Institut Européen pour les Études sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, il hérite d’une situation où les Iraniens cherchent désespérément un "sauveur". "Ils veulent quelqu'un, peu importe qui, pour les délivrer de ce régime", analyse-t-il.
Dans un appel récent sur Fox News, Pahlavi a affirmé : "Je suis prêt à retourner en Iran dès que possible. Nous préparons tout cela avec mon équipe. Les Iraniens veulent cette victoire, et je sais qu'ils sont prêts à mourir pour leur pays, tout comme moi." Ce discours galvanisateur résonne chez certains, mais laisse sceptiques d'autres observateurs, qui s'interrogent sur ses capacités à rassembler une véritable opposition.
Vers un Iran différent
Pahlavi propose un plan de transition basé sur la séparation des pouvoirs, un modèle qui pourrait séduire une partie de la population. Cependant, même le président américain, Donald Trump, juge que son initiative n'est pas encore suffisamment mûre pour justifier une rencontre. Dans le contexte actuel, la tâche qui l'attend est immense et la route vers une Iran libre reste semée d'embûches.
La dynamique politique iranienne est complexe, et de nombreux défis subsistent, mais Reza Pahlavi pourrait bien se retrouver au cœur d’une transformation historique, tant que les Iraniens continueront à crier pour la liberté.







