Le Royaume-Uni a pris une position ferme lundi en lançant une enquête sur la plateforme X d'Elon Musk, suite à de vives préoccupations concernant des images à caractère sexuel générées par son intelligence artificielle, Grok. Le Premier ministre Keir Starmer a affirmé : « Si X ne peut pas contrôler Grok, nous le ferons rapidement », laissant entendre qu'une suspension de la plateforme pourrait être envisagée.
Cette initiative fait suite à des rapports alarmants signalant l'utilisation de Grok pour créer et partager des images inappropriées, y compris des représentations de nudité non consenties et potentiellement du matériel pédopornographique. L'Ofcom, le régulateur britannique des communications, a souligné la gravité de la situation tout en évoquant la possibilité d'imposer une amende équivalente à 10 % du chiffre d'affaires mondial de X, voire de bloquer le site au Royaume-Uni.
La ministre de la Technologie, Liz Kendall, a révélé qu'une nouvelle législation sera prochainement examinée, interdisant explicitement la création d'images intimes non consensuelles. Cela fait partie d'un mouvement plus large pour protéger les enfants et les individus contre les abus numériques. Wendy Lister, experte en cybersécurité, a déclaré à France 24 : « La multiplication des outils numériques pose un risque croissant pour la sécurité des enfants, et il est impératif que les entreprises adoptent des mesures préventives. »
L'indignation mondiale envers Grok a déjà poussé des pays comme l'Indonésie et la Malaisie à suspendre temporairement l'accès à l'IA. Interrogé sur la possibilité d'un bannissement de X au Royaume-Uni, le ministre des Entreprises, Peter Kyle, a répondu par l'affirmative, renvoyant cependant la responsabilité aux régulateurs. L'Ofcom devra déterminer si X a failli à ses obligations, notamment en évaluant le risque que des contenus illégaux soient consultés au Royaume-Uni.
Elon Musk a déjà réagi aux critiques en qualifiant le gouvernement britannique de « fasciste », tandis que X a annoncé, par le biais d'un communiqué, qu'elle prendrait des mesures pour combattre de tels contenus. En réponse aux réclamations, Grok a désactivé sa fonction de création d'images pour les utilisateurs non abonnés, une décision qualifiée par certains comme insuffisante. Les représentants du gouvernement ont exprimé leur mécontentement, soulignant que cette limitation transforme simplement un service controversé en un produit premium.
Pour Starmer et d'autres responsables politiques, la protection des enfants et le droit au consentement ne sauraient être délégués à des compagnies technologiques. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a affirmé : « Nous ne sous-traiterons pas la protection de l'enfance. Si les entreprises ne réagissent pas, nous agirons à leur place. »







