Face aux récentes déclarations de Donald Trump et à un climat diplomatique tendu, le Canada explore un scénario longtemps jugé improbable : une attaque en provenance des États-Unis.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a récemment annoncé le retrait de l'invitation faite à Ottawa de siéger au Conseil de paix, marquant une nouvelle étape dans les tensions entre ces deux puissances du continent nord-américain.
Suite à l'avertissement du Premier ministre Mark Carney, qui a exprimé des inquiétudes sur une rupture de l'ordre mondial dominé par Washington, le Canada doit envisager la possibilité d'une agression américaine, un concept qui ne s'était pas présenté depuis le XIXe siècle.
Le scénario d’une attaque américaine
Donald Trump a souvent exprimé son opinion selon laquelle le Canada devrait devenir le 51e État des États-Unis. En réponse à ces provocations, les Forces armées canadiennes ont commencé à modéliser un scénario d'invasion potentielle du pays par l'armée américaine, comme l'indique le Globe and Mail. Bien qu'il s'agisse d'un exercice conceptuel, c'est la première fois qu'Ottawa prend cette possibilité au sérieux. Des analystes militaires estiment que les États-Unis pourraient rapidement neutraliser les positions canadiennes, potentiellement en quelques jours.
La fin de l’illusion sécuritaire
Cependant, le risque d'un ordre d'invasion de la part de Trump demeure faible. Néanmoins, cette incertitude pose la question : comment le Canada peut-il assurer sa propre défense? François Dufour, un expert en relations internationales, suggère que cette situation inédite pourrait inciter Ottawa à renforcer ses capacités militaires. Carney vise à augmenter les budgets de défense à des niveaux jamais atteints, avec l'ambition de respecter l'objectif de 2 % du PIB fixé par l'OTAN.
L'auteur canadien Stephen Marche souligne que la nécessité d'une armée pour préserver l'identité nationale pourrait nécessiter une réévaluation des valeurs pacifistes historiquement ancrées dans le pays, une tendance que les Canadiens doivent surmonter pour répondre à cette nouvelle réalité.
Un rapport de force déséquilibré
Actuellement, le Canada ne dispose pas des ressources militaires suffisantes pour résister à une telle agression. En conséquence, les forces armées envisagent une approche de guerre non conventionnelle, utilisant de petits groupes de forces irrégulières et de civils armés pour mener des opérations de sabotage et de guérilla.
Malgré cela, un porte-parole du Globe and Mail souligne que les relations militaires avec les États-Unis restent globalement positives, les deux nations collaborant activement sur un nouveau système de défense continental contre les menaces extérieures.
Alors que le Canada se recentre sur l'Arctique face aux défis posés par la Russie et la Chine, l'éventualité d'une agression américaine reste une appréhension à surveiller de près. La question demeure : cette vigilance pourra-t-elle suffire à garantir la souveraineté canadienne dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes?







