En dépit des rêves d'annexion formulés par Donald Trump, le Canada s'accroche fermement à son identité souveraine. Le président américain a certes menacé de frapper le pays de droits de douane élevés, mais le peuple canadien reste déterminé à conserver son autonomie.
La frontière entre les États-Unis et le Canada, séparée par le fleuve Saint-Laurent, semble avoir engendré bien plus qu'un simple voisinage. À Cornwall, une ville canadienne de 50 000 habitants, les répercussions des déclarations controversées de Donald Trump se font ressentir au quotidien. Les menaces de Trump concernant les droits de douane résonnent ici, même lorsqu'il s'agit de profiter d'un match de hockey. "Tant que les choses restent comme ça, nous restons au Canada", confie une spectatrice. D'autres, plus alarmistes, évoquent leur peur de se rendre aux États-Unis.
Dans cette ambiance tendue, certains citoyens, comme Jean Juneau, policier à la retraite, valorisent un message d'autosuffisance : "Nous avons suffisamment de ressources pour nous passer des États-Unis. Notre électricité, notre pétrole et nos réserves d'eau font de nous un pays capable de subvenir à ses besoins", souligne-t-il. Les supermarchés de la ville commencent d'ailleurs à mettre en avant des produits canadiens, preuve d'un patriotisme économique croissant.
Des partenaires économiques indissociables
Les tensions commerciales entre les deux nations ne sont pas sans effet. Les droits de douane de 25 % instaurés par les USA sur des produits comme le bois ont conduit à la fermeture d’une entreprise de meubles à Cornwall, entraînant le licenciement de 300 personnes. Son maire, Justin Towndale, prévient : "Bien que certains souhaitent que nous soyons plus agressifs envers nos voisins, nous avons besoin de leur présence économique. Ils dépensent de l’argent ici, et c’est crucial pour notre économie".
Les États-Unis demeurent le premier partenaire commercial du Canada. Une réalité illustrée par l’entreprise Laminacorr à Cornwall, qui produit des emballages. Pascal Perreault, son directeur, rappelle que la moitié de leur production est destinée aux États-Unis, des clients comme Amazon et Walmart, ajoutant : "L’incertitude plane sur nos activités. Nous devons nous réinventer tout en cherchant à explorer de nouveaux marchés, notamment en Chine".
La Chine pour réduire la dépendance ?
Comment en est-on arrivé là ? Les deux pays partagent la plus longue frontière mondiale, mais une petite ville québécoise, Stanstead, symbolise cette fracture. Ses 3000 habitants ont vu leur bibliothèque, construite à cheval sur la frontière, devenir le théâtre d’une situation absurde : l’accès pour les Canadiens est désormais interdit. "Une amende de 5000 dollars vous guette, suivie d'une détention en cas de contrôle", indique Sylvie Boudreau, présidente de l’administration locale.
Les relations culturelles ont également souffert de cette mise en tension. Des contrôles semblent devenir la norme. "Cette situation est déchirante pour moi", confie la directrice de la bibliothèque originale, autrefois un symbole d'unité. Pendant ce temps, le Premier Ministre canadien, Mark Carney, entrevoit de nouveaux horizons en cherchant à renforcer les liens avec la Chine. Ce rapprochement a suscité la colère de Trump, qui a promis d’augmenter les droits de douane, marquant ainsi le début d’une guerre commerciale, comme le rapporte Margaux Subra-Gomez, envoyée spéciale au Canada.







