La préfecture des Landes a annoncé le limogeage de la directrice départementale de la police nationale, Agnès Mazin-Bottier, suite à des « manquements répétés » dans la gestion des manifestations, en particulier celle des agriculteurs en janvier. Cette décision, survenue après une manifestation où des dégradations ont été commises, a été qualifiée d'arbitraire par le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).
Selon les éléments communiqués par le cabinet du préfet, Gilles Clavreul, Agnès Mazin-Bottier avait déjà été rappelée à l’ordre à plusieurs reprises avant cet événement. La préfecture a souligné que des incidents récents, survenus durant le mouvement des agriculteurs, avaient précipité cette décision. Ce mouvement, qui a eu lieu le 11 janvier, s'est distingué par sa gestion controversée, avec des actes comme la soudure de chaînes aux grilles de la préfecture.
un limogeage par sms
Dans un communiqué, il est précisé que le préfet avait donné des instructions claires à Mazin-Bottier pour disperser les manifestants. Le fait qu'elle n'ait pas suivi ces directives a conduit à son éviction, officiellement annoncée par SMS, ce qui a choqué de nombreux responsables syndicaux. « Vous m’avez désobéi, vous êtes démise de vos fonctions », aurait dit le préfet, d’après Frédéric Lauze, le secrétaire général du SCPN.
Mazin-Bottier, qui comptait 36 ans de service à son actif, a décidé de prendre sa retraite le 14 janvier, alors qu’elle devait initialement rester jusqu'en 2026. Sa gestion des commissariats de Dax et Mont-de-Marsan a été saluée par certains comme étant empreinte de dialogue plutôt que de confrontation.
Le SCPN a dénoncé cette décision qu'il considère non seulement illégale mais également empreinte de mépris. Ils soulignent que c’est la capacité d’écoute et de négociation de Mazin-Bottier qui a permis de gérer les manifestations sans violence notable.
appel à la ministre
Dans un contexte de tensions croissantes, le SCPN plaide pour un entretien avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Ce dernier pourrait répondre aux préoccupations relatives à l'ingérence croissante de certains préfets dans la gestion de l’ordre public. « Les agriculteurs ne sont pas des black blocs, mais des interlocuteurs respectables. La logique de dialogue doit primer », a plaidé Frédéric Lauze. Notons que le service de police des Landes ne compte que 10 agents, ce qui complique l'intervention lors de manifestations.
Cette situation soulève des questions sur la gestion des forces de l'ordre face à des mouvements sociaux et sur le rôle de la hiérarchie administrative dans le maintien de l'ordre, notamment à travers la colère exprimée par les syndicats de police.







