L'Ukraine explore depuis février l'utilisation de robots soldats sur le front, limités pour l'instant à des missions de reconnaissance. Ces humanoïdes de 1,80 mètre, développés par l'entreprise américaine Foundation, pourraient prochainement évoluer pour manipuler des armes lors d'opérations offensives.
Le conflit en Ukraine représente un véritable laboratoire technologique. En février 2026, le pays a reçu deux prototypes de robots, appelés Phantom MK-1. Time, dans un article daté du 10 mars, évoque leur apparence : « enveloppés d’acier noir, avec des visières teintées », ajoutant qu'ils suscitent une « terreur viscérale » au-delà de celle de tout robot traditionnel.
Équipé de capteurs et d'intelligence artificielle, le Phantom MK-1, pesant 80 kg, est animé par vingt moteurs qui lui assurent une mobilité presque humaine, bien qu'elle soit parfois entachée de chutes fréquentes. Sa durée d'utilisation en mode intensif atteint quatre heures avant une recharge nécessaire.
Actuellement, les deux robots de l'armée ukrainienne n'ont effectué que des missions de reconnaissance. Néanmoins, Mike LeBlanc, l'un des concepteurs, exprime dans Time que l'usage de ces machines au combat est « moralement impératif » afin de « protéger les soldats ». Il prévoit qu'elles pourraient bientôt réaliser des « actions offensives », évoquant des comparaisons avec des films d'action futuristes.
Les ambitions de Foundation, la société à l'origine des Phantom MK-1, vont au-delà de la reconnaissance. Le projet inclut la capacité de ces robots à utiliser des armes telles qu’un pistolet ou un fusil d’assaut M16. Déjà, Foundation a sécurisé des contrats de recherche auprès des forces armées américaines pour un montant total de 24 millions de dollars.
La marine américaine envisage des tests d'utilisation de ces robots pour effectuer des missions délicates, comme déposer des charges explosives, permettant de sécuriser des zones dangereuses pour les troupes, d'après les révélations de Time. En outre, des discussions seraient en cours avec le département de la sécurité nationale des États-Unis concernant le déploiement du Phantom pour surveiller la frontière sud.
Le front ukrainien, laboratoire technologique militaire
Ces expérimentations s'inscrivent dans une stratégie globale d'intégration de la technologie dans les opérations militaires, comme l'a souligné le ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, qui aspire à une numérisation de l'armée. Cette volonté témoigne d'une Ukraine moderne et innovante en réponse à l'agression russe.
Actuellement, le pays déploie jusqu'à 10 000 drones dans le conflit, toujours plus automatisés pour contrer les interférences des forces russes. Chaque jour, ces appareils envoient des informations cruciales tout en limitant l'exposition humaine aux dangers du champ de bataille.
Néanmoins, l'essor des robots soldats comme le Phantom MK-1 soulève des questions éthiques fondamentales. Le Time souligne les préoccupations quant à la responsabilité en cas d'erreurs fatales et le risque de faciliter les engagements militaires en permettant la généralisation d'armées robotisées.
Malgré les critiques, le Phantom MK-1 représente une nouvelle ère militaire. Une version améliorée est attendue pour avril, promettant plus de stabilité, d'autonomie et une capacité de charge de 80 kg. L'objectif de Foundation est de produire jusqu'à 30 000 unités par an, révolutionnant ainsi le paysage de la guerre moderne.







