Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, a pressé l'ONU de donner son feu vert à l'usage de la force pour libérer le détroit d'Ormuz. Ce passage maritime essentiel est actuellement sous contrôle iranien, ce qui perturbe le commerce mondial, notamment avec 20 % des exportations mondiales de pétrole passant par cette voie. En réponse à cette situation, le CCG, qui inclut l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman, a lancé un appel ferme à l'ONU.
"Nous attendons du Conseil de sécurité qu'il prenne ses responsabilités afin de protéger les routes maritimes", a déclaré M. Al-Budaiwi depuis New York.
Les réticences des grandes puissances
Ce jour-là, alors que le projet de résolution présentée par Bahreïn était discuté, l'avancée des discussions a été freinée par le scepticisme de plusieurs grandes puissances. Emmanuel Macron a qualifié une intervention militaire de "irréaliste" lors d'une récente déclaration, soulignant les dangers d'une escalade inutile.
Initialement, le texte privilégié par les États-Unis manquait de nuances, mais la dernière version, maintenant incluse, souligne que toute action devrait être "défensive". Ce compromis pourrait ne pas suffire cependant à convaincre la Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto.
Les conséquences d'un vote
L'ambassadeur chinois, Fu Cong, a averti que l'autorisation de l'usage de la force risquerait d'engendrer une escalade de tensions dangereuse. Plus inquiétant encore, la Russie a qualifié le projet de résolution de déséquilibré et d'une tentative de museler la position iranienne.
Alors même que le vote devait avoir lieu ce vendredi, il a été reporté sans nouvelle date, tandis que le Conseil de sécurité annonçait que le Vendredi saint constituait un jour férié, malgré les discussions déjà en cours depuis plusieurs jours.
Un vote en faveur de l’usage de la force serait interprété comme un signe d’unité de la communauté internationale face aux menaces dans une zone cruciale pour le commerce mondial. Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, a déclaré que cela pourrait renforcer la sécurité de l'approvisionnement énergétique global.
Depuis le début des hostilités le 28 février, après des frappes israélo-américaines sur des installations en Iran, la situation s'est rapidement aggravée, provoquant une flambée des prix du pétrole et du gaz à l'échelle internationale, des effets dont le monde pourrait souffrir longtemps.







