Dès jeudi, le Liban était plongé dans le désarroi, après une série de frappes israéliennes qui ont fait plusieurs centaines de morts et blessés à travers le pays. Contrairement à l'accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, tel que rapporté par An-Nahar, le Liban subit la brutalité de la guerre.

Des secouristes, perdus dans un paysage de décombres et de voitures calcinées, déambulant avec un air hébété, représentent la réalité tragique de Beyrouth, comme le montre l'une des images marquantes choisie par An-Nahar.

En moins de dix minutes, 160 missiles israéliens ont frappé diverses régions, transformant Beyrouth et d'autres zones du Liban, au sud et dans la Békaa, en paysages presque méconnaissables. L'horreur a été décrite par le journal comme un “tableau gris, presque noir”.

Les autorités israéliennes, qui ont baptisé leur opération “Ténèbres éternelles”, revendiquent la destruction de 100 cibles et visent à démanteler des infrastructures du Hezbollah. Cependant, selon un bilan non définitif, ces frappes ont causé 203 morts et près de 1 000 blessés.

Michelle Tuéni, journaliste influente au Liban, souligne que la situation rappelle des événements tragiques antérieurs. Elle évoque des bilans sanglants similaires, notamment l'attaque meurtrière sur le Hezbollah en 2024, et l'explosion tragique au port de Beyrouth en 2020 qui a également laissé des cicatrices indélébiles.

“Tout un peuple semble piégé”

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, bien que contraint d'aligner ses actions sur les décisions de Trump, semble vouloir dissocier l'Iran du Liban durant cette crise. Un expert a noté que cela reflète une tentative d'éviter des responsabilités plus larges dans cette conflagration, rendant les choses encore plus périlleuses pour le Liban.

Dans une chronique poignante, Tuéni écrit que le Liban se retrouve pris dans une lutte géopolitique entre l'Iran et les États-Unis, Israël et le Hezbollah. Elle met en lumière l'absurdité de la souffrance de tout un peuple, qui continue de payer le prix de conflits qu'il n'a pas choisis.