Il fait encore nuit sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem lorsque l'appel à la prière résonne. Des fidèles musulmans, les larmes aux yeux, expriment leur soulagement et leur gratitude. Ce jeudi, après des semaines de tensions, les Lieux saints ont rouvert leurs portes suite à un accord de trêve avec l'Iran.
Les sites emblématiques, nichés dans la Vieille Ville de Jérusalem-Est occupée, avaient été fermés dès le commencement du conflit armé, avec des frappes israélo-américaines sur l'Iran, le 28 février. Pour beaucoup, ce retour revêt une importance spirituelle immense.
Pour la première fois depuis 41 jours, les fidèles ont pu entrer librement à la mosquée Al-Aqsa, tandis que les juifs retrouvaient le Kotel, et les chrétiens visitant la basilique du Saint-Sépulcre. A Al-Aqsa, sous une surveillance policière accrue, des milliers de musulmans ont fait la prière de l'aube, le cœur empli d'émotion.
Un homme, se tenant à l'entrée de la salle de prière, offrait des mouchoirs en papier à ceux touchés par l'intensité du moment. Souzan Allam, qui a apporté sa famille, décrit ce jour comme une véritable "fête". Pour Hamza al-Afghani, la joie ressentie est "indescriptible". "La mosquée Al-Aqsa est l'âme de Jérusalem", confie une fidèle sous couvert d'anonymat.
Cependant, peu après 06h30, la police a commencé à évacuer les musulmans pour permettre l'entrée des juifs religieux, créant des tensions sur l'esplanade. Bien que le statu quo autorise les visites des non-musulmans à certains moments, des groupes ultra-orthodoxes continuent de contester ces règles.
À proximité, la basilique du Saint-Sépulcre a également accueilli ses premiers fidèles. Uwde Slimane, une Ethiopienne de 40 ans, étreint son émotion en sortant, prononçant des mots de gratitude. "Cela fait plus d'un mois de souffrance, mais Dieu merci, nous sommes en vie", déclare-t-elle.
Imad Marcos, un homme d'affaires égypto-américain, est venu pour sa traditionnelle visite depuis Miami. "C'est un miracle, je vais changer mes plans pour profiter de ce moment unique", dit-il, rayonnant de bonheur.
Au mur des Lamentations, des juifs prient avec une ferveur palpable. Une jeune femme, Ayla, exprimant son bonheur de revenir, déclare : "Ici, on se sent comme à la maison". Yehuda Bandel, un enseignant retraité, est venu pour célébrer la bar-mitzvah de son petit-fils, ajoutant un air de festivité à ce moment historique.
Parallèlement à cette réouverture, les autorités israéliennes ont assoupli une grande partie des restrictions, bien que la situation demeure tendue dans le nord du pays, près de la frontière libanaise, où le conflit contre le Hezbollah se poursuit. Ce contexte reste un point de fragilité pour la trêve instaurée avec l'Iran.







