Lors de leur procès, les deux accusés ont admis les faits, évoquant une consommation de contenus pédopornographiques qu’ils considèrent comme un « exutoire », leur permettant d’éviter de « passer à l’acte » dans la vie réelle. Cependant, cette justification est loin de convaincre le parquet.
Les gendarmes de Rouen (Seine-Maritime) s’étaient infiltrés sur le site de rencontre coco.fr, connu pour abriter des pratiques illégales, y compris la pédopornographie. Pour gagner la confiance de potentiels suspects, les enquêteurs ont utilisé de faux profils, sans jamais chercher à susciter des infractions, comme l’indique le parquet d’Argentan.
En peu de temps, l’un des utilisateurs, connu sous le pseudonyme de « papamathéo9 », a entrepris une conversation avec un gendarme sous couverture, lui proposant d’échanger des fichiers pédopornographiques.
Des fichiers consultés et échangés pendant sept ans
Les échanges se sont prolongés pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que « papamathéo9 » envoie des contenus mettant en scène des enfants nus. Suite à cela, le procureur de la République d’Argentan a lancé une enquête le 18 avril 2024, menant à une perquisition au domicile de l’accusé.
Les résultats ont été choquants : 14 500 fichiers pédopornographiques ont été découverts par les enquêteurs, qui ont interpellé les deux hommes, âgés de 50 et 62 ans, s’étant rencontrés sur le même site.
Le procès s’est tenu le 7 avril au tribunal correctionnel d’Argentan, examinant des infractions commises entre novembre 2017 et avril 2024. Leurs justifications concernant leur consommation de ces contenus ont été considérées comme optimistes par le ministère public, qui a affirmé que ce comportement augmente le risque d’actes criminels.
« La consultation et la diffusion massive de tels fichiers cultivent une dépendance, alimentant la production d’images pédopornographiques », a déclaré le procureur, soulignant le lien direct entre cette consommation et les abus envers les enfants.
Reconnu coupable de plusieurs accusations, dont la « détention d’images représentant des mineurs à caractère pornographique », le couple a écopé d’une peine de deux ans de prison, dont un an de détention sous bracelet électronique, ainsi qu’un suivi socio-judiciaire de cinq ans. Ils ne pourront pas se rencontrer ni entrer en contact avec des mineurs, et seront inscrits au fichier des crimes sexuels.
Cette affaire cristallise des préoccupations croissantes concernant l’efficacité des mesures de contrôle sur les plateformes numériques, comme le souligne France Info, appelant à renforcer la vigilance à l’égard de ces espaces en ligne.







