Le chef de l’État a rencontré, pour la première fois, le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ce mardi. L’édile, d’origine malienne, avait exprimé sa déception face au silence d’Emmanuel Macron suite aux attaques racistes dont il a été la cible.
Bally Bagayoko, élu de La France Insoumise, a remercié Emmanuel Macron pour son soutien, mais a souligné que celui-ci était intervenu trop tard. Lors de cette rencontre, il a remis un courrier au président, faisant part des insuffisances de l’État face aux problèmes rencontrés par sa commune.
selon des déclarations faites à l’AFP, le président s’est montré rassurant et a "condamné les actes racistes", affirmant sa fermeté sur cette question. Cependant, depuis son élection au premier tour, Bagayoko a subi des attaques racistes, notamment sur CNews, ce qui a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour "injure publique".
Une poignée de main entre Macron et Bagayoko
La rencontre a eu lieu lors de l'accueil républicain du président, en présence de plusieurs élus locaux avant le concert des élèves des maisons d’éducation de la Légion d’honneur. Les échanges ont été décrits comme "cordiaux", bien que de courte durée. Bagayoko a profité de cette occasion pour offrir un T-shirt Stop au racisme, rappelant le rassemblement contre le racisme qui s'est tenu à Saint-Denis le 4 avril, où il avait mobilisé plusieurs milliers de personnes.
Le maire a également remis un courrier dans lequel il regrette que le soutien de Macron n’ait pas été exprimé plus tôt, notamment au moment des attaques les plus virulentes. Dans cette lettre, il a souligné les difficultés financières et sociales qui touchent Saint-Denis, une commune de 150 000 habitants, en raison d'un sous-financement persistant de l'État.
Bagayoko interpelle l'État
L’élu a demandé un soutien plus significatif pour sa commune, qui souffre des inégalités que les services de l’État semblent ignorer depuis trop longtemps. Dans la lettre consultée par l’AFP, il s’inquiète aussi des mesures de carte scolaire pour la rentrée 2026, jugeant qu’elles sont néfastes pour l’éducation et contreproductives dans la lutte contre les inégalités scolaires.
En outre, il a alerté sur les "dysfonctionnements" au sein de la sous-préfecture de Saint-Denis, où les délais pour l'obtention de titres de séjour impactent durement les usagers, entraînant des pertes d’emploi et des difficultés d'accès au logement.
Invitation à une marche contre le racisme
Tout en combattant les fausses informations, Bagayoko a affirmé que les effectifs de la police municipale seraient maintenus, tout en critiquant le nombre d'agents de police nationale jugé "insuffisant" pour répondre aux besoins de sa commune.
Se voulant constructif, il a proposé au gouvernement de travailler ensemble pour établir un pont entre Paris et la banlieue. En ce sens, une marche républicaine contre le racisme est prévue le 3 mai à Paris, en prolongement de l'événement du 4 avril à Saint-Denis. Bagayoko a sollicité la participation d'Emmanuel Macron à cette initiative, tout en notant l'absence de membres du gouvernement lors du premier rassemblement.







