Édito

La suppression des ZFE soulève des questions sur l'avenir de notre environnement.
Édito
L’Assemblée nationale a confirmé mardi 14 avril la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). (Josselin CLAIR / MAXPPP)

Suppression des ZFE : un revers pour l'écologie

Jugées trop complexes et impopulaires, les zones à faibles émissions (ZFE) ont été définitivement suspendues, illustrant ainsi un affaiblissement des ambitions écologiques qui se heurtent à des réalités sociales et politiques.

Le 14 avril dernier, l’Assemblée nationale a entériné cette suppression, mettant fin à un projet qui avait promis d’améliorer la qualité de l’air dans nos villes. Interdire les voitures les plus polluantes dans les grandes agglomérations représente une idée sensée pour lutter contre la pollution de l’air, dont les effets sur la santé publique sont alarmants.

De nombreuses métropoles européennes, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, ont adopté des mesures similaires depuis des années. Mais la France, hélas, fait marche arrière sur les ZFE. Bien que le gouvernement ait tenté de sauver la proposition en laissant le choix aux collectivités locales, cela n’a pas suffi. Les députés, en particulier ceux de droite et d'extrême droite, ont mis un terme à un projet devenu trop confus.

Des ambitions perdues dans la confusion

Le chemin vers l'instauration des ZFE a été long. Initialement annoncées il y a 11 ans, ces zones ont été testées en 2019, mais leur déploiement a été entravé par des préoccupations croissantes, notamment celles des ménages à faibles revenus qui craignaient de ne plus pouvoir utiliser leur voiture. À ce propos, l'économiste environnemental Pierre Canet explique que « la politique environnementale doit également prendre en compte les réalités économiques des citoyens ».

Au fil des années, le processus s'est alourdi de reports et d'aménagements, rendant le dispositif incompréhensible à de nombreux automobilistes. La suppression des ZFE est le symptôme d’un renoncement aux priorités écologiques, souvent en désaccord avec les promesses d’un gouvernement désormais en position minoritaire. L’objectif de zéro artificialisation nette des sols est lui aussi en danger, reléguant les préoccupations environnementales derrière les inquiétudes économiques, en particulier avec la hausse des prix des carburants.

En 2022, Emmanuel Macron avait promis à Marseille que « ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas ». Aujourd’hui, cette promesse semble avoir perdu de sa pertinence.

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