De ses années passées à Sciences Po Bordeaux, ceux qui l'ont côtoyé décrivent Emmanuel Grégoire comme un étudiant assidu, passionné tant par les lettres que par l'entrepreneuriat. Il se rendait sur le campus à une époque où Bordeaux n'avait pas encore pleinement émergé, sans tramway et avec des transports publics limités.
Intégré directement en deuxième année grâce à son bagage de classe préparatoire, Grégoire choisit la section Ecofi, traditionnellement peu prisée par la gauche. Selon Mathieu Gallet, un camarade de promotion devenu directeur à Radio France, "Emmanuel avait une vision de gauche, sans renoncer à l'économie de marché".
Un élève moteur
Les témoignages aident à dessiner le portrait d'un étudiant à la fois entrepreneurial et passionné par la culture. "Il était très concentré sur son travail et possédait une culture générale solide," rappelle Émilie Coutanceau, une autre ancienne camarade. Jean Petaux, son professeur de culture générale, décrit Grégoire comme un "profil atypique", allant à contrecourant de la tendance qui prédominait à l'époque. 80% de leurs camarades se rangeaient alors sous la gauche plurielle.

"C'était un activiste discrètement engagé," précise Coutanceau. Même si son charisme ne le plaçait pas en première ligne, il parvenait à s'impliquer et à saisir les enjeux politiques. Ses années d'étude à Bordeaux coïncidaient avec un retour notable de la gauche au pouvoir en France, offrant ainsi un terreau fertile pour ses ambitions.
« Un bosseur »
Grégoire est souvent décrit comme un travailleur acharné. "Il ne se vantait pas, mais il était sérieux et rigoureux," se souvient Mathieu Gallet. Empreint d'un fort désir de réussir sans jamais bénéficier d'un coup de pouce 'filial', il fonda sa première entreprise à seulement 20 ans.

L’avis général des anciens camarades met en avant un parcours méritocratique remarquable, illustrant son engagement à se hisser au-delà de ses origines. Émilie Coutanceau souligne encore qu'une fois intégré dans le milieu politique parisien, sa capacité de travail et son analyse fine des enjeux ont joué en sa faveur. "Il ne fait aucun doute qu’il sort du lot", déclare-t-elle.
Même si personne ne prédisait qu'il atteindrait de telles hauteurs, son engagement envers un projet commun se révèle emblématique de sa trajectoire. L’univers politique l’a reconnu pour son parcours remarquable, illustrant ainsi une belle illustration de la 'méritocratie républicaine'.







