Sans surprise, Arnaud Rousseau a été reconduit à la présidence de la FNSEA, le premier syndicat agricole français, lors d'un conseil exceptionnel qui a réuni 68 administrateurs élus au dernier congrès à Caen. L'absence de concurrents a facilité sa réélection, malgré des résultats décevants lors des dernières élections des chambres d’agriculture, où le syndicat a perdu une quinzaine de départements.
Ce nouveau mandat de trois ans sera crucial pour Rousseau, alors qu'il devra articuler les attentes des agriculteurs français aux candidats à l'élection présidentielle de 2027. Le congrès à Strasbourg, prévu pour mars 2027, sera l'occasion d'un grand oral où les candidats pourront partager leur vision de l'agriculture.
Récemment, la FNSEA a publié son rapport d’orientation 2026, qui résume le travail des fédérations départementales et les discussions tenues à huis clos à Caen. Ce rapport appelle à une meilleure reconnaissance des agriculteurs, à des revenus dignes et à une simplification des démarches administratives. Il souhaite également un retour de la France parmi les leaders mondiaux de l’agriculture.
Les appels à l'innovation sont au cœur du rapport. Yohann Barbe, éleveur laitier des Vosges et membre de la FNSEA, a souligné l’importance de remplacer le principe de précaution, souvent perçu comme un frein à l’innovation, par le principe d’innovation. Il a aussi suggéré l'établissement d'une charte de l’Agriculture à valeur constitutionnelle, pour faire de l'agriculture une priorité nationale.
Rousseau s'entoure d’une équipe stable pour son bureau, dont 11 membres ont été reconduits. Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault, reste premier vice-président, tandis que Patrick Bénézit, éleveur dans le Cantal, continue en tant que second vice-président. La nouvelle équipe inclut également trois femmes, dont Charlotte Vassant, présidente du syndicat dans l’Aisne, qui devient secrétaire générale adjointe.
La FNSEA semble donc garantir une continuité dans la gestion des crises agricoles, tout en cherchant des solutions pour l'avenir de l'agriculture française face aux défis actuels.
Cependant, le profil d’Arnaud Rousseau, à la tête du groupe Avril, suscite des inquiétudes chez certains observateurs. Thierry Coste, conseiller du président de la Fédération nationale de la chasse, fait part de ses craintes sur le fait que Rousseau, en tant que céréalier, pourrait négliger les préoccupations des agriculteurs moins bien lotis, notamment les éleveurs. «C’est un agriculteur avec un profil particulier», a-t-il noté.
Enfin, la recommandation de la précédente présidente, Christiane Lambert, de quitter la présidence d’Avril avant de prendre la tête de la FNSEA, n’a pas impacté le vote des administrateurs, ce qui témoigne de l'habileté politique de Rousseau.







