Des taxes douanières excessives imposées par l'administration américaine ont eu raison de la pionnière bretonne TOWT, fondée à Brest en 2012. Son fondateur, Guillaume Le Grand, mise sur un plan de redressement pour sauvegarder 48 emplois et préserver le commerce maritime à voile français.
Les précieuses goélettes de TOWT, l'Artemis et l'Anemos, ont abruptement cessé de transporter le chocolat, le café, le textile, le vin et d'autres marchandises entre l'Europe et les États-Unis. Ces navires emblématiques, dont les coques bleu azur sont réputées, sont désormais immobilisés au port, gravement affectés par l'augmentation des droits de douane imposée par le président Trump.
Ces deux voiliers, qui devaient être les premiers d'une flotte prometteuse de transport décarboné, ont vu leur avenir placé en suspens. Depuis sa création à Brest, TOWT a déménagé à Douarnenez puis récemment au Havre pour des raisons opérationnelles. Les fières goélettes de près de 80 mètres, construites par les chantiers Piriou, étaient sur le point d'être rejointes par six autres navires en construction.
Une chute après 15 ans d’ascension
Mais TOWT a été brusquement placée en liquidation judiciaire, mettant en péril l'avenir de 48 salariés. Pourquoi cette entreprise, en pleine croissance depuis 15 ans, s'est-elle tant effondrée ?
Guillaume Le Grand, le fondateur, affirme que « tout a débuté avec les droits de douane, peu après l'élection de Trump ». Selon lui, « chez nous, les volumes se sont effondrés et les cales se sont vidées. Deux tiers de notre activité dépendaient des clients américains. Notre marché s'est transformé en un véritable danger, et nous avons assisté à son effondrement ».
Bien que TOWT ait tenté de diversifier ses activités vers le café, les défis se sont accumulés. En effet, une loi adoptée le 27 février 2025 a restauré des charges sur les voiliers, avec des coûts atteignant 20 000 euros par mois pour chaque navire, tandis que d'autres secteurs, comme l'éolien en mer, sont restés exonérés.
Une levée de fonds pour repartir de l’avant
Un autre obstacle majeur est survenu lorsque les banques ont pris le contrôle de la gestion de l'entreprise, impactant négativement les contrats avec les chantiers Piriou. Néanmoins, Guillaume Le Grand reste plein d'espoir et envisage de faire reprendre un navire rapidement. Une levée de fonds est en cours.
« Réaliser en deux semaines ce qui a pris 15 ans, c’est un défi. Mais nous avons nos marins et nos clients, et une loi favorable passera tôt ou tard », conclut-il. Des discussions sont déjà en cours pour établir un lien avec la Bretagne dans une future reprise de la mer.
Quant à la société concurrente Grain de Sail, basée à Morlaix, elle reconnaît que le contexte économique est difficile, mais son modèle lui permet de continuer son développement, comme en témoigne l’arrivée imminente du GDSIII, le second porte-conteneurs à voile au monde.







