À peine installés dans leurs fonctions, de nombreux maires choisissent d'augmenter leurs indemnités. Par exemple, à Soisy-sous-Montmorency, Nicolas Naudet (Divers droite) a relevé sa rémunération de 173 % par rapport à celle de son prédécesseur. À Avignon, Olivier Galzi (Divers droite) a, en revanche, diminué son salaire de 14 %, tout en majorant de 35 % celui de ses adjoints, dont sa compagne. Cette situation n'est pas isolée : à Bordeaux, Thomas Cazenave (Renaissance) a opté pour une indemnité mensuelle de 4 081,75 euros bruts, soit une hausse de 14 % par rapport à Pierre Hurmic, son prédécesseur. À Roubaix, David Guiraud (LFI) a également augmenté ses indemnités de 18 %. Ces ajustements, souvent critiqués, soulèvent la question suivante : pourquoi ces élus locaux modifient-ils si rapidement leur rémunération ?
Des montants encadrés par la loi
La fixation de l'indemnité d'un membre du conseil municipal est l'une des premières décisions d'un mandat. Comme le stipule le Code général des collectivités territoriales (CGCT), les élus doivent définir leurs indemnités par délibération dans les trois mois suivant leur installation. Ce cadre légal ne laisse pas de place à l'optionnalité.
Le montant de l'indemnité dépend également du nombre d'habitants de la commune. Plus une commune est peuplée, plus l'indemnité maximale est élevée. Il existe huit paliers selon la taille de la population. Par exemple, un maire d'une ville de 50 000 à 99 999 habitants peut toucher jusqu'à 4 521 euros bruts par mois.
Majoration et revalorisation des indemnités
En dehors de ce cadre, des majorations peuvent être appliquées pour reconnaître des responsabilités accrues. Benjamin Morel, politologue, explique : "Ces majorations permettent d'accorder une indemnité plus élevée que le plafond standard, notamment dans les villes à statut particulier ou les communes touristiques, où la charge de travail est supérieure." Ce type de décision est habituellement voté dès le début du mandat et est soumis à des limites légales. Les revalorisations, quant à elles, sont souvent le reflet d'ajustements nécessaires en fonction de l'évolution des barèmes ou de décisions politiques locales.
"C’est un principe démocratique"
Cependant, ces décisions continuent d'étonner et de choquer une partie de la population. L'augmentation des indemnités en début de mandat peut donner l'impression d'une priorisation mal placée. Selon Benjamin Morel, cette perception souligne un enjeu fondamental : "L'indemnité est un outil démocratique. Sans cela, seuls les plus riches peuvent se permettre de faire de la politique." En d'autres termes, garantir un revenu aux élus permet d'ouvrir l'accès aux fonctions politiques à un plus large public.
De plus, la fonction de maire est souvent perçue comme un véritable emploi à plein temps. Benjamin Morel souligne que les maires dans les grandes communes doivent faire face à des responsabilités variées et une disponibilité constante. Ainsi, les élus qui n'ont pas de profession parallèle, comme certains médecins ou retraités, doivent s'assurer d'une rémunération adéquate pour vivre de leur mandat.







