Qualifiant le dossier d'"absurde" et de "roman grotesque", la défense de l'ancien président a plaidé pour sa relaxe lors de la clôture du procès en appel concernant le financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye.
Christophe Ingrain, avocat de Nicolas Sarkozy, a exprimé son indignation face à ce qu'il considère comme des accusations infondées, après "13 ans de recherches" infructueuses. D'après lui, la construction de ce dossier est "artificielle" et n'est soutenue par aucune preuve tangible.
Le parquet a pourtant réclamé une peine de sept ans de prison pour Sarkozy, l'accusant d'être l'"instigateur" d'un pacte corruptif avec le régime écroulé de Mouammar Kadhafi. Le 30 novembre, la cour devra se prononcer sur le sort de l'ancien président et des autres prévenus, tous sollicitant la relaxe.
Me Ingrain a insisté sur le fait qu'aucune preuve de participation à une association de malfaiteurs n'a été établie, rappelant que Sarkozy n'était pas au courant des discussions secrètes menées par ses alliés, Claude Guéant et Brice Hortefeux, avec des représentants libyens.
Nicolas Sarkozy, qui a également effectué une visite officielle en Libye en 2005, a catégoriquement nié avoir reçu des fonds libyens pour sa campagne. Selon ses avocats, il avait toutes les chances de candidater sans nécessiter ces financements illégaux, étant déjà en lice comme candidat de l'UMP.
Au cours des débats, l'ancien président a qualifié les accusations de "manipulation" et de "calomnie", tout en dénonçant ce qu'il perçoit comme un manque d'objectivité des juges. Cette affaire a engendré une onde de choc, augmentée par la décision de son ancien collaborateur Claude Guéant de se retirer du soutien à son ancien patron.
Pour de nombreux experts, cette affaire incarne bien plus qu'une simple question de culpabilité. Elle interroge la postérité de Sarkozy dans le paysage politique français. En cas de condamnation définitive, il risque de se voir associé à des actes de corruption au plus haut niveau de l'État.
"Sans preuves, il ne devrait y avoir aucune condamnation", a affirmé l'avocat de Sarkozy, ajoutant que le dossier n'était qu'un "montage d'hypothèses infondées". La décision de la cour, prévue pour fin novembre, reste très attendue et déterminera l'avenir de l'ancien chef d'État.







