Le Planning familial des Pyrénées-Atlantiques a célébré ce vendredi 5 et samedi 6 juin six décennies de lutte pour les libertés fondamentales, incluant le droit à l’avortement, l'accès à la contraception, et la possibilité d'une sexualité libre. Ce combat reste d'une pertinence essentielle, comme l'indique Mifa Bassaler, une militante de longue date.
Le 17 janvier 1975 a marqué un tournant historique lorsque la loi Veil a été promulguée, mettant fin à des siècles de souffrances pour de nombreuses femmes. Mifa Bassaler, membre du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception, se remémore ce moment avec émotion : "Nous avons pleuré, mais ces larmes étaient aussi des larmes de joie, car avec cette loi, la clandestinité des avortements touchant des milliers de femmes s’est enfin estompée. Plus de femmes ne devraient réaliser d’avortements dans des conditions périlleuses." Selon le collectif, jusqu'à 5 000 femmes perdaient la vie chaque année à cause de la pratique clandestine, souvent avec des conséquences dévastatrices pour leurs familles. Ce souvenir douloureux renforce la compréhension de l'importance de cette loi, même si Mifa reste lucide et reconnaît que la bataille pour les droits des femmes n'est jamais véritablement terminée.
Un parcours de luttes
Militante depuis 1976, Mifa raconte avoir été impliquée dans des manifestations à La Rochelle, un évènement fédérateur qui attirait de grandes foules. La révolte a pris racine dans sa jeunesse, lorsqu'elle a constaté les inégalités entre les sexes. "Je me souviens de ces jeunes filles où, dans la société, on passait simplement de 'fille de' à 'femme de' sans pouvoir revendiquer nos choix. C’était insupportable", souligne-t-elle.
Sa volonté de lutter pour ses droits et ceux des autres femmes l'a fait passer de la théorie à l'action au sein d’une structure associative qui reste plus ouverte que le cadre politique traditionnel. Aujourd'hui, elle observe une avancée des droits des femmes dans son pays, malgré les défis persistants. "Le sentiment d'égalité que nous avons maintenant est inestimable. La loi Veil reste une avancée, et je suis persuadée qu’un retour en arrière est désormais impossible", déclare-t-elle.
Un nouvel espoir à l'horizon
Cependant, la poussée de l'extrême droite et des mouvements conservateurs suscite des préoccupations. "Il ne faut pas sous-estimer les défis actuels qui se présentent à nous", note Mifa en faisant référence à des régressions comme celle observée aux États-Unis, où des droits durement acquis ont été remis en question. Malgré cela, elle évoque une nouvelle dynamique chez les jeunes, qui retournent à l'activisme avec passion. "Les jeunes semblent redevenir mobilisés et conscients des injustices", conclut-elle, remplie de détermination.







