Répondant à la question de la peine de mort lors du neuvième congrès mondial contre la peine de mort, Emmanuel Macron a déclaré, ce mardi 30 juin, que cette sanction, désormais abolie, "n’a jamais rendu une société plus sûre".
Il a affirmé : "La peine de mort n’a jamais eu un effet dissuasif. C'est une idée reçue. De nombreuses études l'ont démontré, elle n'a jamais produit l'effet que certains régimes autoritaires espèrent qu'elle ait".
Ce congrès, organisé par l'ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), est un moment fort pour le mouvement abolitionniste mondial. Les débats se poursuivront à la Maison de la radio et à l'hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l'Assemblée nationale.
Reconnaître la dignité humaine
Lors de son discours, Macron a souligné que la dignité humaine doit primer, quelle que soit la gravité des actes d'une personne. "L'abolition est synonyme de reconnaissance de cette dignité, et nous ne pouvons pas considérer un individu comme dénué de son humanité, peu importe ses actes", a-t-il déclaré devant un large public.
Il a cependant précisé que les obligations de justice envers les victimes doivent être respectées : "Punir un individu est nécessaire pour rétablir les droits des victimes et réparer le préjudice au nom de la société, tout en préservant son intégrité humaine".
Il a ajouté : "Être une démocratie, c'est condamner les actes nuisibles sans pour autant chasser le mal de la société. Nous devons le réduire, le sanctionner et parfois le soigner".
Ce discours s’inscrit dans un contexte délicat après des événements tragiques récents en France, tels que le meurtre de Lyhanna et le lynchage de Louis à Narbonne. Alors que de nombreuses voix s'élèvent contre la peine de mort, certains, comme la présentatrice Karine Le Marchand, expriment des positions radicales en faveur de son rétablissement en cas de meurtres.







