Le docteur Didier Simon, médecin généraliste à Mont-de-Marsan et président de l’URPS-Médecins généralistes Nouvelle-Aquitaine, exprime son inquiétude face aux résultats d'une enquête Ifop révélatrice. Cette enquête met en lumière la détresse actuelle des médecins de famille, qui constatent une augmentation des burnouts et une forte détérioration de leurs conditions de travail.
« L’humanité, cette approche essentielle, est au cœur de notre relation avec les patients », explique Didier Simon en préambule. Cependant, il souligne que la réalité est bien différente. Beaucoup de praticiens préfèrent abandonner après quelques années d’exercice tant la pression devient intenable.
Dans son entretien avec Sud Ouest, Simon dépeint un tableau paradoxal. Alors que les patients affichent une confiance indéniable envers leur généraliste, ils ressentent aussi des frustrations face à un système perçu comme excessivement lent. « Nous vivons dans une époque où l’on ne tolère plus l’attente. Si quelque chose est recherché, il doit être livré rapidement », rappelle-t-il.
Cette évolution des attentes patients influence directement la pratique médicale. Il évoque le "colloque singulier", ce lien intime entre le médecin et le patient, et souligne que ce dernier est désormais entaché par des impératifs de coordination avec de nombreux autres professionnels de santé, ce qui accroît le stress des généralistes. Cette profession est devenue interprofessionnelle, entraînant une lourde charge mentale.
« Le cadre de la santé a été modifié pour intégrer la "responsabilité populationnelle" », indique Simon. Bien que ce modèle vise une prise en charge améliorée et à moindre coût, il semble, pour les médecins, être un chemin semé d'embûches. Ils doivent jongler entre une exigence de qualité de service et des ressources de plus en plus limitées.
Ce malaise se matérialise alors par une tendance inquiétante : de nombreux médecins choisissent de quitter leur pratique. « Ils craquent, déplaquent leur plaque », confie Simon. Même dans les petites communes, le statut de médecin généraliste a changé; ils ne sont plus considérés comme des notables, car leur durée de présence est souvent trop courte.
« Les anciens suivaient jusqu’à 2000 patients, alors que les nouvelles générations ne gèrent jamais plus de 1000 », ajoute-t-il, soulignant ainsi l'impact des évolutions sociétales sur la charge de travail des généralistes.
La demande croissante pour les médecins, associée aux réalités actuelles du système de santé, laisse présager un avenir incertain pour les généralistes de la région Nouvelle-Aquitaine. Les témoignages comme celui de Simon sont un appel à repenser entièrement la manière dont nous soutenons nos médecins de famille.







