Des marins indiens reprennent la mer, marqués par la guerre au détroit d'Ormuz

Après des attaques dévastatrices, des marins indiens se préparent à retourner en mer.
Des marins indiens reprennent la mer, marqués par la guerre au détroit d'Ormuz

Malgré les craintes et les traumatismes, de nombreux marins indiens, revenant de zones de guerre, se préparent à reprendre la mer. Après avoir été témoins d'attaques réciproques entre les États-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz, ils font face à un retour difficile dans une région devenue un véritable champ de bataille où transite une part significative du commerce mondial des hydrocarbures.

Leurs histoires sont empreintes de peur et de résilience. Sitaram Tandel, un marin de 31 ans venu du Gujarat, a vécu l'angoisse d'une attaque alors qu'il se préparait à prendre son quart. "C'était terriblement effrayant; personne n'a été tué, mais nous étions tous sous le choc", raconte-t-il. Son témoignage évoque bien le profond impact émotionnel de ces expériences, une réalité partagée par de nombreux marins.

Les tensions dans cette région stratégique se sont intensifiées. "Je ne sais pas ce qui va m'arriver maintenant", confie Sitaram. "Mais j'ai une famille à nourrir". Ce dilemme personnel se reflète chez beaucoup de ces marins qui doivent accepter de retourner dans un environnement aussi dangereux. Ratheesan Kuttiyan, 45 ans, reconnaît que sa décision de traverser le détroit a été risquée. "Nous avons traversé en pleine nuit, dans le flou de la peur", se souvient-il.

La pandémie et les conflits en cours ont gravement affecté les opérations maritimes. L'urgence et la précaution demeurent des mots d'ordre alors que les marins indiens sont plus de 320.000 à naviguer sur les mers, selon le ministère de la Marine. Au sommet du G7, le Premier ministre Narendra Modi a exprimé ses préoccupations face aux attaques ciblant des navires de la marine marchande indienne par les États-Unis, qui justifient leurs actions par la nécessité de maintenir un blocus sur l'Iran.

Les témoignages continuent de poignarder les cœurs : Haridas Puthiyakodi, 49 ans, admet avoir caché les dangers à sa femme jusqu'à ce qu'elle découvre la vérité. "Je suis marin, je dois accepter d'aller partout", dit-il avec un mélange de bravoure et de résignation. Un autre marin, Tanel Hirenkumar Praveenbhai, a signalé que même les hélicoptères se heurtaient à proximité, réveillant un sentiment de mortalité jamais connu auparavant.

Malgré ces circonstances terrifiantes, la volonté de ces hommes de nourrir leurs familles les pousse à prendre le risque. Chacun d'eux revient avec des leçons sur la vie et la mort. L'avenir de ces marins dépend non seulement de leur courage, mais aussi d'une situation géopolitique instable qui semble loin d'être résolue.

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