La justice a laissé une porte ouverte pour Marine Le Pen, mais l’opinion publique reste partagée. Une étude de Odoxa-Backbone pour Le Figaro montre que, tout en approuvant son maintien en course pour la présidentielle de 2027, de nombreux Français perçoivent sa candidature plus comme un handicap que comme un atout pour le Rassemblement national.
Suite à sa récente condamnation en appel concernant l'affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen, Marine Le Pen a affirmé sur TF1 qu'elle ferait appel et qu'elle restait bel et bien candidate à l'élection présidentielle. La cour d'appel a prononcé une peine de trois ans, dont deux avec sursis, ainsi que 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, un jugement qui lui permet de poursuivre sa campagne, sauf revirement judiciaire.
Une candidature soutenue, mais controversée
La réaction du public est loin d’être enthousiaste. Les résultats de l’étude indiquent que 35 % des répondants se disent indifférents à son sort, 34 % sont choqués, tandis que 30 % expriment leur satisfaction. Au sein de son propre parti, 50 % des sympathisants du RN se montrent satisfaits contre 20 % choqués, tandis qu'à gauche, plus d’un électeur sur deux se déclare outré.
Étonnamment, l'idée d'une justice sévère envers Marine Le Pen ne fait pas consensus. Seulement 22 % jugent qu'elle a été traitée plus durement que d'autres justiciables, tandis que 39 % estiment qu'elle l’a été de manière équitable et 38 % pensent que la peine est plutôt clémente. même parmi les sympathisants RN, 42 % estiment qu'elle a été traitée comme n'importe qui d'autre.
Concernant sa candidature, 51 % des Français pensent qu'elle a raison de se présenter, affirmant qu'elle demeure la candidate « naturelle » du parti. Toutefois, 46 % estiment qu'elle pourrait être désavantagée dans sa campagne, suggérant que son dauphin, Jordan Bardella, aurait pu constituer une alternative plus forte.
Le soutien envers Marine Le Pen au sein du RN est considérable : 63 % des sympathisants lui apportent leur soutien. Néanmoins, l’enquête révèle une certaine inquiétude : seulement 25 % des Français voient sa situation judiciaire comme un avantage pour le parti, tandis que 37 % la considèrent plutôt comme un fardeau.
Bardella, l'ombre de Le Pen
Jordan Bardella, le président du RN, semble gagner la faveur du public. Avec 46 % d'opinions positives, il devance Marine Le Pen qui en recueille 44 %. Auprès des sympathisants, 74 % ont une « très bonne opinion » de Bardella, contre 61 % pour Le Pen. Ce décalage soulève des questions quant à la légitimité de Le Pen face à une nouvelle jeunesse politique incarnée par Bardella.
Les réseaux sociaux reflètent également cette fracture. Les partisans saluent le courage de Le Pen, tandis que ses détracteurs évoquent de anciennes déclarations sur l’inéligibilité, soulignant un potentiel reniement. Une partie du public s’interroge également sur la normalité de la continuité des carrières politiques en dépit de procédures judiciaires.
En somme, Marine Le Pen a réussi à maintenir sa candidature pour 2027, mais les résultats de l'étude Odoxa-Backbone soulignent que cette victoire judiciaire pourrait ne pas se traduire en une véritable relance politique. Son prochain défi est de convaincre son propre camp qu'elle est encore la mieux placée pour mener la bataille électorale.







