Doudou, c’est Édouard Philippe, bien sûr.
Dimanche dernier, lors de son meeting de lancement de campagne pour l’élection présidentielle de 2027 à l’Adidas Arena de Paris, ses supporters n’ont pas hésité à scander « Doudou président ». L’enthousiasme était palpable.
Selon Le Monde, l’assistance n’était pas au complet : « une partie de la salle était restée fermée et quelques gradins en hauteur étaient incomplets. » Les organisateurs avancent un chiffre de cinq mille participants, profondément engagés malgré la chaleur suffocante dehors.
Ceux qui ont bravé la canicule ont été récompensés, plongés dans l’atmosphère dynamique d’un meeting politique vibrant.
Un discours de boxeur
Habituellement associé à la boxe, l’Adidas Arena portait un symbole particulier pour Philippe. En levant le poing tant à son entrée qu’à sa sortie, l’ancien Premier ministre a voulu illustrer son engagement, tout en prononçant un discours d'une heure et quart. Ces gestes évoquent sans doute un certain charisme, mais le parallèle entre son style et celui de leaders historiques, tels que Fidel Castro, demeure questionnable, tant les programmes diffèrent.
Philippe se présente comme un révolutionnaire, notamment concernant sa vision de l'éducation. Il promet une « refonte massive », la plus significative depuis Jules Ferry, qu’il considère comme cruciale pour redresser la France. Cependant, cette promesse rappelle les mots de l’ancien ministre de l’Éducation, qui a subi des critiques pour ses réformes déconcertantes.
« Je serai le président qui replacera l’école au cœur de la République », déclare-t-il, cependant, son appel à remettre « l’élève au cœur de l’école » renvoie à un modèle pédagogique controversé qui a érodé l’enseignement public au fil des années.
Cible sur le Rassemblement national
Concernant son positionnement, Philippe s’est montré particulièrement virulent contre La France Insoumise et le Rassemblement national, ce dernier étant spécifiquement désigné avec ironie comme « amateur de petits fours à Monte-Carlo ». Une blague qui a semblé faire mouche auprès de l’auditoire.
Revenant sur ses engagements passés en tant que Premier ministre, il a négligé de mentionner des promesses non tenues, telles que la restauration des finances publiques ou le rétablissement de l’ordre. Au lieu de cela, il appelle à des « efforts justes », notamment auprès des retraités et des travailleurs, tout en prétendant protéger les plus vulnérables.
Les promesses de Philippe incluent des conséquences sévères pour les délinquants étrangers, qu’il promet d’expulser avec fermeté. Sur des questions d’immigration, il affirme qu’une « grande fermeté » sera la règle, mais ces déclarations sont teintées de politiques qu’il avait déjà proposées par le passé sans succès.
Finalement, ce meeting a esquissé les contours d’une campagne qui ressemble fort à une reprise de l’ère Macron, entremêlant promesses audacieuses et stratégies anciennes. Doudou, en 2027, ne serait-il pas simplement un remix de Manu, avec un public potentiellement fidèle ?
Le candidat présente des gestes éloquents, mais en fin de compte, ces paroles et mouvements suffiront-ils pour conquérir l’Élysée ? Si cela échoue, Philippe pourra toujours retourner tranquillement au Conseil d’État, comme tant d’autres avant lui. Après tout, l'idéal de sacrifice en politique a ses limites, même pour un ancien Premier ministre prometteur.







