Human Rights Watch (HRW) a exhorté mardi Washington et La Havane à revoir leurs politiques en raison de l'escalade de la crise économique et sociale à Cuba. L'ONG a souligné à la fois l'impact des sanctions américaines et le manque de liberté d'expression sur l'île.
Dans son rapport intitulé Buscando vida (chercher un moyen de survivre), HRW met en lumière le blocus pétrolier imposé par les États-Unis depuis janvier, qui exacerbe déjà la crise énergétique à Cuba. Selon l'organisation, cette situation entraîne d'importantes coupures d'électricité, des pénuries d'eau et un ralentissement des services publics.
« Cela perturbe presque tous les aspects de la vie quotidienne », souligne le rapport, en ajoutant que « la détérioration des conditions de vie pousse de nombreux Cubains à lutter chaque jour pour leur survie ».
Nombreux sont les Cubains à se lever chaque matin avec le sentiment de « buscar vida ». Entre l'attente du retour de l'électricité et de l'eau, beaucoup s'efforcent d'obtenir de la nourriture, des revenus ou des médicaments. Ce témoignage émane d'un chercheur de HRW qui, lors d'un récent voyage sur l'île, a interrogé plusieurs dizaines d'habitants.
Parallèlement, HRW souligne la répression des voix discordantes. « Dans des conditions de vie déjà difficiles, les Cubains sont privés de la liberté d'exprimer leur mécontentement. Le gouvernement emprisonne ceux qui osent parler », affirme l'organisation, qui estime à environ 800 le nombre de prisonniers politiques sur l'île communiste.
Juanita Goebertus, directrice pour les Amériques chez HRW, déclare : « Ni la politique du gouvernement cubain ni celle de l'administration américaine ne devraient se faire au détriment des Cubains ordinaires, qui peinent déjà à se procurer des denrées alimentaires ou des médicaments essentiels, ni de leur droit à exprimer librement leurs conditions de vie ».
Elle conclut en appelant les deux gouvernements à changer de cap « avant que davantage de vies ne soient mises en danger par une crise à la fois prévisible et évitable ».







