Le président français, Emmanuel Macron, poursuit sa visite inédite à Damas, rencontrant le président syrien Ahmad al-Chareh lors d'entretiens formels au cours de son deuxième jour en Syrie. L'objectif principal de ces discussions est de se concentrer sur la reconstruction d'un pays dévasté par des années de guerre civile tout en affirmant le besoin d'une "unité" et d'une "pluralité" en Syrie.
Macron devient ainsi le premier dirigeant d'une puissance occidentale à fouler le sol syrien depuis la chute de Bachar al-Assad, une situation complexe exacerbée par l'arrivée d'une coalition islamiste au pouvoir à la fin de l'année 2024. En premier lieu, le président français s'entretiendra avec des représentants de la société civile afin d'évaluer les enjeux locaux avant de rejoindre Chareh au palais présidentiel pour un forum économique dédié à la reconstruction et aux nouvelles routes stratégiques.
La Syrie, désireuse de se repositionner sur la scène internationale, aspire à redevenir un carrefour économique entre l'Union européenne et le Moyen-Orient, selon les propos d'Arthur Quesnay, chercheur à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. "L'enjeu fondamental est d'ouvrir des corridors maritimes, terrestres et aériens vers l'Irak et le Golfe," précise-t-il.
Accompagné de dirigeants d'entreprises françaises comme Rodolphe Saadé de CMA-CGM et Patrick Pouyanné de TotalEnergies, Macron vise à formaliser plusieurs accords, même si le climat d'investissement reste prudent. Dans une interview accordée à BFMTV, Chareh a mis en lumière les "énormes opportunités d'investissement" en Syrie, envisageant la collaboration française dans des secteurs variés comme le tourisme, l'agriculture ainsi que des commandes d'avions au constructeur Airbus.
Lors d'une conférence de presse conjointe, Macron réitérera l'engagement de la France auprès du peuple syrien, insistant sur le besoin d'une Syrie souveraine, unie et en paix avec ses voisins. Il n'oubliera pas de rappeler la nécessité d'un respect mutuel avec le Liban et d'une non-ingérence israélienne.
Après des rencontres officielles, une note informelle a marqué sa visite, avec des moments partagés dans un restaurant de la vieille ville et une visite à la célèbre mosquée des Omeyyades. Dans le livre d'or, le président français a souligné la renaissance de la Syrie grâce à son peuple.
Déjà en mai 2025, Emmanuel Macron a été le premier dirigeant occidental à accueillir Chareh à l'Élysée, un geste critiqué par l'opposition en France, encore marquée par les attentats de 2015 orchestrés depuis la Syrie. Cette rencontre avait eu lieu avant un voyage stratégique du président syrien à Washington.
Si l’Élysée positionne cette visite comme un soutien à la révolution syrienne, Macron soulignera également la nécessité d'intégrer pacifiquement les Kurdes et de protéger toutes les minorités, malgré les violences récentes dans le pays. Il se rendra ensuite à Ankara pour le sommet de l'Otan, où il prévendra à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan de la situation syrienne. Pendant ce temps, Chareh préviendra une rencontre avec Donald Trump.







