La République de Chypre, avec ses 1,4 million d'habitants, se prépare à assumer la présidence du Conseil de l'Union européenne (UE) à partir du 1er janvier 2026. Située à près de 3 000 kilomètres de Bruxelles, Nicosie, la capitale chypriote, sera au cœur des décisions stratégiques pendant six mois, dans un contexte géopolitique tumultueux, notamment marqué par les tensions avec la Turquie.
Des défis géopolitiques de taille
Ce passage de relais à Chypre, qui succède au Danemark, intervient à un moment critique, où l’UE doit faire face à des défis géopolitiques considérables. Selon le journal O Politis, ces circonstances exigent un programme axé sur les pressions économiques, politiques et institutionnelles qui pèsent sur l'Europe.
Les enjeux incluent la guerre en Ukraine, l’instabilité de la diplomatie américaine, ainsi que la montée des partis d'extrême droite au sein de plusieurs États membres. “Cette présidence chypriote doit être un tremplin pour discuter de l'autonomie stratégique de l'UE dans un monde en évolution rapide,” souligne le quotidien chypriote.
Le défi principal sera de naviguer entre l'élargissement de l’UE, notamment vers des pays comme l'Ukraine et la Moldavie, tout en restant fidèle aux valeurs fondamentales de l'Union, même face à des impératifs géopolitiques pressants.
Les valeurs en jeu
Les choix stratégiques de la présidence chypriote seront minutieusement observés. Dans l’optique de son mandat, Chypre envisage d’inviter le président turc Recep Tayyip Erdogan à un Conseil informel programmé pour avril prochain. Bien que certains puissent juger cette démarche naïve, elle révèle une volonté d’établir un dialogue respectueux et constructif avec Ankara, dont la position fluctuante oscille entre coopération et menace.
Le quotidien Phileleftheros interpelle l’Europe sur sa capacité à maintenir ses valeurs. “Face à l'urgence d'élargissement, l'UE a le choix : respecter ses principes ou céder aux exigences géopolitiques,” souligne l'article.
Finalement, la présidence de l'UE pourrait offrir une occasion inédite de dialogue entre les communautés chypriotes grecques et turques, alors que le rapprochement après des décennies de division semble plus qu'une simple possibilité. Comme l'indique Cyprus Mail, “cette présidence peut mettre en avant l'égalité politique, une revendication fondamentale des Chypriotes turcs, tout en soulignant les opportunités à venir pour résoudre le problème de l'île.”
En somme, même si cette chance semble prometteuse, elle pourrait également dissimuler des dangers insoupçonnés.







