Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce dimanche que le gouvernement renoncerait à baisser la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) dans le cadre du budget 2026. Au lieu de cela, il sera reconduit le barème de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, ce qui devrait rapporter environ 8 milliards d'euros. Cette décision, bien que controversée, vise à soutenir le financement des efforts de défense du pays.
Dans sa lettre adressée aux entrepreneurs, Lecornu a précisé que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) seraient explicitement exclues de cette mesure. Alors que les attentes des entrepreneurs concernant la baisse de la CVAE étaient élevées, le Premier ministre a souligné l'importance de l'effort fiscal, en soutenant que celui-ci est nécessaire dans un contexte stratégique exigeant.
Des experts, comme Patrick Martin, président du Medef, ont exprimé leurs préoccupations concernant la pérennité de cette surtaxe, en insistant sur l'importance pour les entreprises de recevoir des promesses claires de l'État. Ils s'inquiètent également des possibles contreparties fiscales liées aux nouvelles dépenses annoncées. En effet, la suppression de la CVAE était initialement prévue pour 2028, une mesure qui aurait permis un allègement significatif des charges fiscales pesant sur les entreprises.
Selon Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, cet effort fiscal des grandes entreprises devra être perçu comme un acte de patriotisme économique, contribuant directement à la défense nationale. Des réflexions sur l'exclusion des biens somptuaires du Pacte Dutreil pourraient également voir le jour, selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui a affirmé que cet effort est ciblé et qu'il servira à renforcer la défense.
Cette décision audacieuse du gouvernement pourrait ainsi marquer un tournant significatif dans la politique fiscale française, et il sera intéressant de suivre les réactions des différents acteurs économiques au cours des prochaines semaines.







