Après des mois de discussions tumultueuses, le gouvernement français a décidé d'utiliser l'article 49.3 de la Constitution pour adopter le budget de 2026. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a exprimé un mélange de regret et de détermination lors de cette annonce. Dès le début de son mandat, il s'était pourtant engagé à ne pas recourir à cette méthode controversée, souvent considérée comme un passage en force.
La situation actuelle à l'Assemblée nationale est marquée par des blocages répétés, incitant le gouvernement à trouver une solution rapide pour éviter une impasse qui serait néfaste pour l'image du pays et la stabilité financière. Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, a déclaré que c'est un "semi-succès, semi-échec" mais reconnaît que, face à l'incapacité d'atteindre un consensus, le 49.3 peut être la solution la moins mauvaise.
Ce recours au 49.3 permettra d'apaiser les tensions persistantes, notamment avec le Parti socialiste (PS), qui a obtenu plusieurs concessions importantes, comme une augmentation de la prime d'activité et des mesures favorables aux étudiants. Romain Eskenazi, porte-parole du groupe PS, a même affirmé que "nous préférons un 49.3 qui supprime le musée des horreurs".
Cependant, l'opposition, représentée par le Rassemblement National et La France Insoumise, a déjà annoncé son intention de déposer des motions de censure, espérant ainsi renverser le gouvernement. Bruno Retailleau, leader du groupe LR au Sénat, a qualifié cette approche de "désaveu politique", tout en admettant qu'un budget est préférable à l'absence de budget.
Pour l’instant, l’objectif demeure d’avancer sans causer d’instabilité supplémentaire sur la scène politique, afin de préparer le terrain pour la présidentielle de 2027. Comme l’a souligné Erwan Balanant, député MoDem, "ce ne sera pas le budget idéal, mais il est nécessaire de mettre un point final à cette étape". La France se retrouve donc à un tournant où la nécessité de gouverner l'emporte sur les promesses largement idéologiques.







