Le ministre de l'éducation a récemment déclaré à l'Assemblée nationale qu'il « fera une proposition de réparation » à la veuve de Caroline Grandjean, institutrice dont le suicide tragique survenu en septembre 2025 a mis en lumière des « défaillances institutionnelles ». Cette annonce survient suite à une enquête administrative qui a pointé du doigt des manquements dans le soutien apporté à l'enseignante.
Lors des questions au sein du gouvernement, Édouard Geffray a affirmé : « Il faut condamner les conséquences, d’abord en termes de responsabilité du ministère. » Selon des sources officielles, cette réparation pourrait inclure un soutien financier. Des discussions sont prévues entre l'avocat de Mme Grandjean-Paccoud et le ministère pour envisager les modalités de cette compensation, rapportent nos confrères de l'Agence France-Presse (AFP).
Caroline Grandjean, âgée de 42 ans, avait été victime de harcèlement en raison de son orientation sexuelle. Au cœur d'une tempête médiatique tragique, elle s'est donnée la mort le 1er septembre 2025, un acte qui a secoué la communauté éducative. Des inscriptions injurieuses telles que « sale gouine » avaient été retrouvées sur les murs de l'école où elle travaillait, à Moussages, un petit village du Cantal.
Bien qu'une enquête ait été ouverte suite à ces inscriptions, elle a été classée sans suite en mars 2025 « en l’absence de faits nouveaux », a précisé le parquet. Caroline Grandjean, en arrêt maladie à cette époque, avait été invitée à reprendre ses fonctions à proximité de Moussages, mais elle n’a pas pu revenir à l'enseignement. Conséquemment, son épouse, Christine Grandjean-Paccoud, a décidé de porter plainte contre le ministère pour « harcèlement ».
« Des décisions administratives vécues comme des injustices »
Le rapport de l’enquête administrative, publié le 6 février, souligne une « défaillance institutionnelle dans le soutien » apporté à Caroline. Selon le ministère, l'enseignante avait le sentiment que l'institution ne la soutenait pas dans ses conflits avec certaines familles. « Des décisions administratives vécues comme des injustices » ont été constatées, notamment le refus de lui accorder une bonification de points liée à son handicap, qui aurait facilité sa mobilité.
Les inspecteurs impliqués dans l'enquête ont révélé une série de « microdécisions », que le ministre a qualifiées d'« administrativo-bureaucratiques », contribuant ainsi à ce qu'il appelle une « défaillance institutionnelle ». Environ 1,8 million d'agents travaillent au sein du ministère, rendant nécessaire une réévaluation de la gestion administrative afin d’humaniser ces procédures.
Edouard Geffray a souligné que le traitement de la situation de Caroline a été « juridiques-administatif », voire bureaucratique, résultant dans un drame inacceptable. Cependant, il a insisté sur l’absence de volonté de nuire au sein des personnels concernés, évoquant plutôt une mécanique administrative défaillante.
Alors que la communauté éducative continue de pleurer la perte de Caroline Grandjean, les enjeux autour des protections accordées aux enseignants et à leur bien-être demeurent au centre des préoccupations.







