À l'approche des élections municipales de 2026, le Rassemblement National (RN) se trouve à un tournant décisif. Alors que le parti de Marine Le Pen, qui a une histoire de frictions avec les autres formations politiques, se prépare à mobiliser son électorat pour le premier tour, son avenir dépend des alliances qu'il pourra tisser. Selon Matthieu Hocque, politologue au think-tank indépendant Le Millénaire, le véritable enjeu n’est pas tant le second tour mais le "troisième tour", où les élus de droite pourraient être contraints de considérer le RN afin de gouverner efficacement.
Le soutien d'électeurs se maintient autour de 33% à 35%, une performance significative mais qui pose la question : comment le RN parviendra-t-il à franchir la barre des 50% au second tour ? La situation n’est pas nouvelle, comme le montrent les élections régionales de 2015, lorsque Marion Maréchal a obtenu 40,55% des voix au premier tour mais seulement 45,22% au second. Une réalité répétée lors des législatives, où plusieurs candidats du RN, malgré des résultats encourageants au premier tour, n’ont pas réussi à s’imposer au second.
Pour le RN, les municipales pourraient ouvrir des possibilités d’alliance. Les règlements électoraux stipulent qu’il est possible de fusionner des listes, mais les antagonismes persistants entre le RN et Les Républicains compliquent la situation. Les valeurs actuelles indiquent qu'une dynamique locale pourrait favoriser des coalitions pragmatiques, malgré les réticences.
Une élection complexe marquée par l’ambivalence du vote RN
Le vote pour le RN reste pourtant complexe. Il est en grande partie lié à l’image de la "marque Le Pen", qui évoque une contestation face au système établi. Malgré une partie de son électorat qui voit en Jordan Bardella un avenir prometteur, le RN doit faire face à une ambivalence persistante. En 2024, le party, qui se positionne comme une alternative au macronisme, a capté une frange croissante d'électeurs mécontents de l'ensemble du spectre politique.
Les élections de 2026 pourraient rappeler aux partisans du RN les dynamiques des élections municipales de 1977, lorsque l'union de la gauche a fédéré diverses forces politiques face à un système qu'ils considéraient comme défaillant. Toutefois, le RN fait face à une absence d’alliances solides et à des stigmates de stigmatisation persistants. Il doit non seulement travailler pour asseoir sa représentation locale, mais aussi envisager des constructions politiques durables qui lui permettraient de percer au niveau national à l’approche de 2027.
En somme, les municipales de 2026 représentent pour le RN une occasion en or, mais aussi un parcours semé d’embûches. Les prochaines semaines détermineront si le parti saura convertir les opportunités locales en un véritable levier politique capable de redéfinir le paysage électoral français.







